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Rapport d’enquête sur les D.H, le Burundi s’en prend contre la commission et le Rwanda

-La commission a eu plus de 470 témoignages sur des violations

– Le Burundi dit que le rapport est biaisé et politiquement motivé, que la commission est manipulée

-Le Burundi accuse le Rwanda du génocide de 6 millions de personnes en RDC, qu’il n’est pas une bonne référence

-‘Si le Burundi proteste le Génocide des Tutsi, le Rwanda en prend bonne note’

La commission d’enquête sur les violations des droits de l’homme au Burundi a présenté son rapport jeudi 26 Octobre à New-York, mais dans un climat tendu entre le représentant du Burundi et la commission, ainsi avec le pays frère, le Rwanda. La commission rappelle que de graves violations et atteintes aux droits de l’homme au Burundi débutent en Avril 2015.

470 cas de viols, malgré le manque de coopération et l’inaccessibilité d’information

La Commission dirigée par Fatsah Ouguergouz, avec Reine Alapini Gansou et Françoise Hampson comme membre, a regretté le manque de coopération du gouvernement du Burundi et l’absence d’accès au pays. Mais, elle s’est entretenue avec de nombreux Burundais en exil notamment au Rwanda, en Tanzanie, en Ouganda, en RD Congo et au Kenya. Elle a recueilli plus de 470 témoignages sur des violations des droits de l’homme commises depuis avril 2015.

Selon les informations recueillies par la commission, il y eut des détentions et arrestations arbitraires, des exécutions extra judiciaires, les actes de tortures, viols sexuel et disparitions forcées.

La commission a dénoncé la persistance des violations des droits de l’homme dans ce pays, et ces abus ont été perpétrés, entretenues par des discours de haine prononcés par certaines autorités de l’État, des membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure.

Ces violations incluent des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture et autres traitements inhumains et dégradants, des violences sexuelles et basées sur le genre, des arrestations et détentions arbitraires et des disparitions forcées, souvent accompagnées de demandes de rançons importantes aux familles contre des promesses de libération de détenus ou pour retrouver les personnes disparues.

Les membres de la commission ont reçu des témoignages faisant état, lors des séances de torture, de l’usage de matraques, de crosses de fusil, de baïonnettes, de barres de fer, de chaînes métalliques ou de câbles électriques. Ceci  ayant eu pour effet, dans certains cas, de casser les os de la victime ou de lui faire perdre connaissance, d’aiguilles enfoncées ou des produits non-identifiés injectés dans le corps des victimes, d’ongles arrachés avec des pinces, de brûlures, ainsi que de nombreux sévices sur les parties génitales masculines.

« Dans plusieurs cas, les actes de torture et les mauvais traitements ont été accompagnés d’insultes violentes et de menaces de mort, y compris à caractère ethnique », ont-ils précisé.

Burundi dément….., la commission est manipulée

Mais Albert Shingiro, représentant du Burundi riposte, accusant les membres de la commission de n’avoir jamais posé leur pied dans son pays.

Donc, ils produisent un «  le rapport biaisé, politiquement motivés, sur la situation des droits de l’homme au Burundi, visant à déstabiliser notre pays. Mon pays se réserve le plein droit de traduire devant justice les auteurs de ce rapport, pour diffamation et tentative de déstabilisation du Burundi », dit-il.

Il ajoute, « Vouloir couvrir des crimes odieux  pour protéger les intérêts de quelques individus privés, cela relève de la manipulation. Nous demandons le président de cette commission de se départir des pressions politiques qui pèsent pour  lui, de se réveiller de ces pressions pour être lui-même afin de faire son travail dans la neutralité et l’impartialité », dit-il.

L’assemblée passa la parole à la représentante du Rwanda, le pays frère et voisin du Burundi, qui abrite autour de 85.000 refugies burundais.

Le Rwanda est un pays, qui ne manage aucun effort pour la survie des peuples voisins, et qui doit collaborer pour que la paix revienne à Bujumbura, et les résultats de cette enquête concernent le Rwanda aussi.

La représentante salue l’extension du mandat de cette commission, mais demander au « Gouvernement burundais de savoir coopérer, ce rapport dérangeant est à considérer, et nécessite des mécanismes tangibles…le Rwanda reste déterminé et prêt à conjuguer les efforts avec la sous région, la région et la communauté internationale pour trouver une solution durable à cette crise au Burundi ».

A la montée des tons : « Le Rwanda aucune leçon sur le au Burundi, ce pays qui se dit victime du Génocide »

Le représentant du Burundi monte le ton et renonce à toute forme de leçon que prétend le Rwanda sur le Burundi. Permettez-moi de rappeler le représentant du Rwanda, que le Burundi n’a pas de leçon à recevoir de ce pays là, qui viole massivement les droits de l’homme, et emprisonne les femmes et les enfants en longueur de la journée, donc à sa place je m’aurai tu.

A ce qui nous concerne, c’est un pays qui se dit victime d’un Génocide présumé, et maintenant ce même pays est responsable présumé d’un autre génocide commis dans la région en RDC, qui a emporté plus de 6 millions de personnes, donc ce n’est pas une bonne référence pour les droits de l’homme ».

Ces paroles dérangent un autre représentant du Rwanda, -probablement Robert Kayinamura, qui met en garde le Burundi. Sa petite intervention se résume en trois points.

« Je ne devrais pas intervenir, si le voisin ne nous provoquait pas. Je me résume en trois points. D’abord, ce que nous avons déclare se réfère au contenu que nous avons lu, ce n’est pas notre rapport a nous. Ensuite, arrêtez d’externiser vos problèmes internes; prenez-en pour vous-mêmes. Essayez de vous en approprier, arrêtez s’il vous plait.

Et en fin, si la délégation burundaise nie le génocide rwandais de 1994, on en prend bonne note, comme vous le faites devant cet auguste assemblée. Eh bien, ce qui s’est passe au Rwanda est regrettable, la communauté internationale es est au courant. Vous ne pouvez pas, je répète en aucun cas vous ne pouvez pas réveiller les émotions passées de notre peuple rwandais, qui a tant souffert des crimes contre l’humanité ; vous ne le pouvez pas ici, devant cette auguste assemblée ».

De la part de la commission, le ton du burundais surprend, et réveille les esprits du franco-algérien, juge de la Court Africaine de droits de l’homme et des peuples.

Mais Fastah se réserve, préfère le silence  pour des raisons diplomatiques, considérant toutefois, les ‘propos enflammés et accusations graves’ du Burundais comme « injures, menace et intimidation ».

«….En ce qui me concerne, je ne céderais à aucune tentative d’intimidation et au silence avec lequel je viens de répondre le délégué burundais,  je confirmerai chacune des conclusions auxquelles notre commission est parvenu par un travail acharné, rendu de manière rigoureuse, impartiale, indépendante », dit-il.

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Jean Baptiste Karegeya

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