Gouvernance

Rwanda: Une loi, une politique qui ne considère pas la culture, n’aboutit à rien- Les religieux

Une réunion de concertation sur le rôle des confessions religieuses dans la mise en œuvre de la politique du genre s’est tenue à Kigali ce mercredi, mais les discussions sont fortes. La non concertation des religieux, la tradition rwandaise vis-à-vis de la loi du genre, les mesures subites sans préparer la population, font partie des handicaps évoqués.

Au podium, Sheikh Mussa, Imam de Kigali, Pasteur Antoine Rutayisire de la paroisse anglicane de Remera, Dr Usta Kayitesi DG adjoint au RGB, Leonard Munyangaju, aumônier de la jeunesse catholique à Kigali et la journaliste Egidie Bibio pour la modération.

La politique du genre, la violence sexuelle, les 30% des femmes dans les instances de prises de décisions et la loi de gestion du régime matrimonial,  figurent à l’ordre du jour.

Cette dernière stipule que la femme aussi peut être chef de famille, ce qui suscite la vraie vérité chez les théologiens, bibliques et coraniques.

Selon Pasteur Antoine, l’Etat ne considère pas les religieux, tant que les lois sont mises en vigueur sans qu’on les concerte.

«  Le courant féministe est en vogue aujourd’hui, le mari n’est plus chef de famille, mais moi je ne vais pas changer mon discours pastoral ; à noter que moi je suis croyant et convaincu à mort ».

Pour ce pasteur anglican (académicien d’avant le génocide contre les Titsi de 1994), le respect que l’on doit à la femme ne se manifeste pas en ces 30% de places décisionnaires, « cela est pour moi est maladroit ».

Il ajoute, « l’on peut changer une loi en une seule journée, comme un coup d’état change l’administration ; et c’est très diffèrent pour changer l’entendement de toute une société ».

Pour Antoine Rutayisire, il y a d’autres voies de rentabiliser les talents des femmes, que de les placer au plafond de la société. « Que la femme dirige tant mieux, mais d’abord considérer les coutumes et les croyances locales ».

Ainsi, le fait que plusieurs sociétés sont patriarcales, ce n’est pas du jour au lendemain qu’on change cette mentalité, déjà incarnée et plaquée depuis les années, et alors  changer la loi sans toutefois changer la mentalité du système patriarcale au préalable, c’est combattre en débandade ».

La culture rwandaise donne à 90% le pouvoir aux hommes, et avec la simple loi contre cette mentalité, il ne sera pas facile d’avoir de bons résultats.

De la part du Sheikh Mussa Sindayigaya, Imam de Kigali, « le trajet est encore long, pour arriver à la promotion de la femme, on ne doit pas de précipiter, on doit d’abord observer ce qui est déjà là ».

Pour compléter Antoine, Sheikh Mussa dit que la grande préoccupation de la société rwandaise n’est pas l’absence des femmes dans des hauts postes des concessions religieuses.

« Les questions comme [quand une femme Mufti ?] ne doit pas prendre du temps aux gens, mais voyons si elles participent dans la prise des décisions. La femme n’est pas à la tête de l’Islam au Rwanda, mais fait partie du Conseil Exécutif».

Dr Usta Kayitesi reconnait que la société suit plus des religieux que l’Etat, ce qui revient à ce dernier de coopérer avec eux, dans la lutte contre les crimes de viol, de trafic humain et autres crimes familiaux.

Cliques ici pour recevoir le nouvau journal sur facebook sur twitter

Jean Baptiste Karegeya

Commentaire
Click to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Journal

To Top