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Un climat de suspicion prévaut entre le Rwanda et l’Ouganda

Les rwandais en Ouganda font objet de doute, refugiés, hommes d’affaires, touristes ; chacun a une étiquète. Si on n’est pas traité comme espion rwandais par la sécurité ougandaise, le Rwanda pense qu’on a une relation avec les rebelles du RNC. Les enlèvements, détentions illégales, manifestations, mouvements rebelles, le tissu relationnel entre ces deux pays frères se déchire à vue d’œil ; mais la diplomatie se réserve devant les medias.

Tout commence par l’extradition du Lt Joël Mutabazi en 2013  

Kampala accuse ses officiers de police et deux civils, pour avoir participé  au renvoie de cet ancien garde républicain, et la poursuite judiciaire reste en cours.  

Les poursuivis sont CP Joel Aguma, IP Nixon Karuhanga Agasire, Inspecteur-détective Benoni Atwebembeire, Maganda James, de la police spéciale, Faisal Katende, policier-détective,  Amon Kwarisiima, le  rwandais René Rutagungira et le congolais Bahati Mugenga.

Selon  la police rwandaise, “L’allégation d’enlèvement est difficile à comprendre étant donné que l’Ouganda a volontairement rempli ses obligations légales en vertu du droit international et du mémorandum d’accord bilatéral existant sur l’échange de fugitifs pour faciliter l’arrestation et le transfert de Mutabazi aux autorités rwandaises”.

Enlevement  à Ntungamo, qui laisse un climat de peur

Le mardi 19 décembre vers 22h30, Johnson Nuunu partageait un verre de sucre avec son neveu Amon Tumusiime dans le centre commercial de Rubaare, district de Ntugamo.

Johnson Nuunu, 60 ans,  est un Ougandais d’origine rwandaise, né et grandi à Ntungamo. Il  est éleveur dans le village de Rukiri, dans le sous-comté de Kayonza, dans le comté de Rushenyi, à Ntungamo’ où il possède également beaucoup de propriétés (même le bâtiment qui abrite le magasin d’où il a été pris lui appartient). Sa femme est aussi paysanne.

Alors, un homme s’approcha et demanda à lui parler de l’extérieur du magasin. En sortant, l’inconnu a attrapé la bouteille de soda qu’il buvait, l’a placée sur une table et l’a fait sortir par la taille. Quelques minutes plus tard, Tumusime a été appelé par un ami qui lui a dit: “Vins voir ; ton oncle est emmené ».

L’histoire choquante est racontée par Julius Kansiime, 30 ans, le fils de la victime, qui continue-avec d’autres membres de famille- les enquêtes sur le kidnapping de son père.

Selon Kansiime, Ntungamo s’était transformé en «situation de zig-zag». «Mon père n’a jamais travaillé avec la police ou avec les services de renseignement, et encore moins avec une institution gouvernementale, que ce soit en Ouganda ou  au Rwanda.

Interrogé sur leur lien au Rwanda, Kansiime a déclaré que son père se rendait parfois à Kigali, et que “mes deux sœurs sont aussi mariées au Rwanda”.

Gatsinzi, un haut cadre du FPR,  torturé à mort

“Je n’attendais que la mort”, tels étaient les mots de Fidele Gatsinzi, un ressortissant rwandais, qui a enduré douze jours de torture par des agents de sécurité ougandais.

Dans l’histoire du FPR, parti au pouvoir rwandais, Gatsinzi était le président dans le district de Mbarara au début des années 1990, la veille des attaques sur le Rwanda. A cette époque la, Mbarara était une base principale, la ville a également servi de base arrière médicale pour le traitement des soldats blessés ainsi que  de fournitures médicales pour les combattants sur le champ de bataille au Rwanda.

Donc, vu le rôle que jouait Mbarara, Gatsinzi était homme très fort dans le travail de mobilisation clandestine du FPR.

Donc, ChimpReports comprend que Gatsinzi était sur le radar de la sécurité de l’Ouganda pendant plusieurs années avant son arrestation.

Gatsinzi s’était rendu en Ouganda pour visiter son fils, étudiant à l’université chrétienne de Mukono. Il avait pris une chambre dans un hôtel de la banlieue de Kampala, à Ntinda, où il a été arrêté par des agents de sécurité.

Gatsinzi a déclaré hier à The New Times(journal pro-gouvernemental de Kigali) que les agents de sécurité qui l’avaient ramassé travaillaient aux côtés des fugitifs de RNC à savoir; Rugema Kayumba et un Mukombozi.

“J’avais réservé dans un hôtel à Ntinda et c’est là que j’ai été pris  par Rugema Kayumba et Mukombozi. Ce sont des fugitifs de RNC qui travaillent en étroite collaboration avec la CMI (Chieftaincy of Military Intelligence) ougandaise “, a déclaré M. Gatsinzi.

Alors qu’il faisait ses courses à Ntinda, Gatsinzi a dit que Mukombozi s’est approche de lui, demandant s’il connaissait Rugema Kayumba. Avant même de répondre, il a été emmené dans un véhicule en attente qui s’est rapidement dirigé vers une maison privée, près de Ntinda.

Dans la voiture, Gatsinzi a dit, il y avait des fusils AK 47 et des mitrailleuses,  ce qui montre  que  RNC mène ouvertement des opérations militaires à Kampala.

Les yeux bandés 24 heures sur 24, Gatinzi était battu a mort, tout nu, et passait des nuits dans le froid du pavement.

Devenu infirme par des coups, Gatsinzi est assis dans un vélo pour les handicapés physiques. Un regard apparemment fatigué et une voix sanglotant, il parle difficilement, “J’étais attaché à l’escalier, moitié nu et il faisait très froid, je n’attendais que la mort ».

Gatsinzi a ajouté que l’une des questions sur lesquelles il avait été interrogé concernait la mobilisation des réfugiés rwandais sur le retour au bercail.

“Ils ont fait trois escales. Je les entendais discuter de la possibilité de me tuer ou de me laisser vivant », a déclaré Gatsinzi.

Il a ajouté qu’ils s’étaient arrêtés au camp militaire de Makenke/ Mbarara. A la caserne, dit Gatsinzi, il y avait un certain nombre de Rwandais et de Burundais dont la plupart étaient des recrues du (RNC).

Il a passé deux nuits «horribles» en détention à Mbarara. Gastinzi dit qu’il a refusé de manger ni boire quoi que ce soit car il n’y avait pas d’accès aux toilettes, et il dormait trempé dans l’urine.

Jeudi soir, il a été liberé de Mbarara et est arrivé à la frontière de Katuna. Dans une lettre datée du 22 décembre, les fonctionnaires de l’immigration ougandais l’accusait d’être en Ouganda sans documents de voyage valides.

Et pourtant, quand il a quitté le Rwanda, il a traversé la frontière Katuna avec  sa carte d’identité nationale et a reçu un laissez-passer de voyage inter-États  pour les membres de la Communauté est-africaine.

Arrestation d’un changeur ougandais au Rwanda, manifestations à la frontière

Début de la semaine passée, la police rwandais avait annoncé les manifestations qui s’étaient ont éclaté à la frontière Katuna-Gatuna(côté ougandais ) et avaient duré environ trois heures. Les manifestants (paysans et hommes d’affaires) Ougandais utilisaient des pierres et des rondins pour bloquer le passage, protestaient contre l’arrestation d’un changeur de monnaie ougandais, Justus Tweyogyere, détenu par Rwanda depuis le 16 décembre.

Selon le porte-parole de la police rwandaise, Tweyogyere avait été arrêté pour usage de faux documents et de changement d’argent illégal.

L’Ougandais Tweyogyere a été arrêté avec son collègue rwandais, Aimé Chaste Nyirishema, pour les mêmes infractions, indiquait RNP.

A peine un mois avant, Tweyogyere avait été interrogé par RNP après avoir traversé au Rwanda en possession d’une somme d’argent dépassant 10 000 $ US sans le déclarer aux douanes tel que requis par la Banque centrale rwandaise.

Il avait été averti, et renvoyé à Kabale en Ouganda après avoir fourni des preuves de ses transactions et de son partenariat avec les bureaux de change de Kigali. Le suspect a alors été avisé de toujours se conformer aux règlements de la banque centrale.

Les sources fiables à Bwiza.com révèlent une tentative de bouleverser l’économie rwandaise par le RNC et ses partenaires. « RNC et Rujugiro envoient les ougandais pour acheter les devises ici, dans l’optique de vider nos caisses en devises et ainsi causer l’inflation ». La source anonyme ajoute que le mois passé, ils avaient vidé, à tel point qu’on ne pouvait pas trouver 3000 dollars sur le marché rwandais”.

Les relations entre les deux pays frères font signes de détérioration ces derniers temps, mais le secrétaire permanent au ministère ougandais des Affaires étrangères, Amb. Patrick Mugoya, a affirme toujours  que les liens de l’Ouganda avec le Rwanda restent solides indépendamment des récentes arrestations de Rwandais en Ouganda. “Nos relations vont au-delà de ces incidents”, a déclaré Mugoya.

Le Rwanda a récemment écrit une note de protestation à l’Ouganda concernant l’arrestation de ses ressortissants et le prétendu recrutement de membres de RNC.

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Jean Baptiste Karegeya

 

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