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Bagarres entre la sécurité et les commerçants ambulants, une honte pour le pays et un mauvais signe, Ingabire Marie Immaculée

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Le commerce ambulant est illégal au Rwanda mais aussi omniprésent dans les villes surtout à Kigali. Les bagarres avec les services de sécurité se multiplient, les autorités prennent à la légère ces incident souvent mortels. Marie Immaculée Ingabire a une solution non magique, devant cette honte au pays, et prévient, « quand un citoyen se lève contre un agent de l’Etat, c’est un mauvais signe… ».

Nyabugogo,  la gare routière internationale de Kigali sert d’entrée principale  du pays, mais hélas devenu le théâtre des bagarres mortels entre les agents de sécurité et les commerçants ambulants(Abazunguzayi)) depuis longtemps. C’est le lieu de rencontre de tous les visiteurs qui arrivent au Rwanda par voie routière : du Burundi, de la RDC, de l’Ouganda, du Kenya et du Sud Soudan.

La semaine dernière, un clip video a circulé, montrant les gens en uniforme bleu, d’autres en vert, soulevant un jeune homme en tricot rouge. Ceux en bleu sont les agents de sécurité et de l’hygiène, en vert sont les DASSO (Service public de sécurité attaché à l’administration locale), le jeune homme est un vendeur ambulant. Ils le tabassent des coups, d’autres gens interviennent pour sauver. C’est une scène inhumaine et catastrophique, au vue des passagers venus de l’intérieur et de l’extérieur du pays.

Pour Marie Immaculée Ingabire de Transparency International Rwanda, c’est une honte pour le pays. Vendredi passé avec City Radio, MII déplore l’incident.

« Cela est horrible, c’est une honte pour le pays, quand les agents de sécurité et la population se chamaillent en public. Le gouvernement doit intervenir et résoudre ce problème, sinon quand la population combat les services étatiques, c’est quelque chose de mauvais ».

Par ailleurs, Ingabire s’explique, sur base de deux raisons. « Premièrement, cela montre que ces agents rendent mauvais services à la population, et quand elle en a marre, elle choisit l’affrontement. Alors vous savez à quoi ça débouche, quand un paysan choisit s’affronter à l’Etat ».

En deuxième lieu, « Les bagarres ne vont pas résoudre le problème, au contraire ça risque de générer le pire des choses : le soulèvement et atteinte à la sécurité. Immaginez les gens se bagarrent et commencent à lancer les pierres, pouvant briser les véhicules des tiers et blesser les passants non concernés. Vaut mieux prévenir que guérir ».

Marie Immaculee Ingabire ne voit pas les DASSO à la hauteur de discipliner  les gens, alors qu’ils manquent de discipline eux-mêmes.

Elle dit, « C’est évident que les DASSO se sont aussi me comportés, pour un responsable, devant une situation qui s’empire, la meilleure façon est de se retirer et demander renfort aux échelons supérieurs.

Les causeries valent mieux que les coups

Marie Immaculée témoigne que dans la vidéo, les agents de sécurité battaient un commerçants  ambulants, tel que l’on bat une vipère, au lieu de s’entretenir avec lui. Et, « cela n’existe pas au Rwanda. Il n’y a aucun crime passible des coups comme ça, j’ai vu ça, c’est très épouvantable ».

La chargée de lutte contre la corruption s’énerve sur le « Murengezi », pot de vin que les DASSO reçoivent des commerçants ambulants arrêtés.

« Le gouvernement doit prendre des mesures, sinon on ne peut pas rester bon en théorie et produire le contraire en pratique ».

Pour Ingabire, le problème des vendeurs de rues doit être une priorité pour la ville de Kigali, comme ça  à un impact négatif sur l’image du pays.

« Comment un visiteur passant peut assister à ces bagarres dans un pays à la  gouvernance exemplaire, et pour une affaire minime comme celle-là ? »

Elle propose une solution non magique, mais que les gouvernants n’arrivent pas a aborder : entretiens sur les méfaits de ce commerce, et enfin leur montrer la voie de solution.

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«  Cela est un cadet de ce qu’on pu résoudre, je leur donnerais une salle commune- à l’intérieur de la gare- car les voyageurs aussi veulent s’approvionner avec du jus, de l’eau ou du papier mouchoir. Je les mettrais ensemble à un endroit accessible à tous les usagers de la gare ».

Le district de Nyarugenge connait le problème, mais ne promet pas la date de solution durable. JMV Ndayisenga, est vice-maire chargé des affaires sociales, ce mardi matin, il est à Radio Flash FM. Il déclare  que les commerçants ambulants naissent tous les jours, venant des régions variées, qu’il est difficile de les contrôler avec maitrise.

Regrettant l’insécurité, le vice maire dit que onze agents de sécurité ont été blessés dans des bagarres du genre. Mais, « je ne peux pas donner la date de solution durable, car les vendeurs de rue viennent des endroits différents. La matinée, l’un quitte Kamonyi pour venir ici, l’autre vient de Byumba avec son panier, d’autres viennent de Bugesera ou ailleurs ».

La plupart des commerçants ambulants résistent à ce métier illégal, faute de moyens suffisants pour subvenir à leurs besoins quotidiens. Ils sont les abandonnés de écoles, les jeunes mères, anciens domestiques, les filles-mères, veufs et veuves ou divorcés et d’autres avec des problèmes familiaux, qui investissent un petit capital pour survivre. Toutefois, les vendeurs de rues contribuent  au développement du pays quand ils sont bien gérés et organisés.

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Jean Baptiste Karegeya

 

 

 

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