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Burundi : Des officiers impliqués dans la répression des civils promus au sein de l’AMISOM

Les militaires régulièrement cités dans la répression contre des civils continuent de bénéficier de promotions par le pouvoir de Bujumbura. Après la proposition de nomination du Général de brigade Audace Nduwumusi Commandant adjoint de la mission de maintien de la paix en Somalie (AMISOM), un autre officier va être envoyé en mission au sein même de l’AMISOM. Il s’agit du Capitaine François Niyonkuru, pointé du doigt par la population de la commune Mugamba en province Bururi comme étant leur oppresseur d’après la RPA.

Le Capitaine François Niyonkuru est accusé par les habitants de la Commune Mugamba en province Bururi d’être à l’origine des malheurs qu’ils vivent ces derniers mois. Plusieurs habitants sont régulièrement arrêtés, d’autres torturés et certains abattus ou portés disparus pour seul motif d’avoir manifesté contre le 3ème mandat du Président Nkurunziza.

Cet officier vient donc d’être mis sur la liste des militaires qui seront bientôt envoyés en Somalie dans le cadre de la mission de maintien de la paix de l’Union Africaine, une mission très convoitée par les militaires Burundais pour son salaire juteux en comparaison au salaire au sein de l’armée burundaise. Il s’agira de la deuxième affectation en Somalie pour le Capitaine Niyonkuru.

Le Capitaine François Niyonkuru serait aussi impliqué dans les tueries de 39 personnes dans une attaque perpétrée au bar ‘’les amis’’ se trouvant en Zone Gatumba de la Commune Mutimbuzi en Province Bujumbura en 2012. Après l’attaque, il a été emprisonné pendant une année et libéré avant même que le jugement ne soit prononcé. L’officier avait été envoyé manu militari en Somalie dans le cadre de la mission de maintien de la paix, probablement pour lui éviter des poursuites judiciaires.

Nos sources au sein de l’armée affirment que le Capitaine François Niyonkuru partira avec un autre officier du nom de Major Fréderic Ntamarerero de matricule SS 1115. Il travaille au sein des renseignements militaires de la Force de défense nationale dits G2. Le Major Fréderic Ntamarerero est connu pour sa part pour avoir malmener les militaires issus des anciennes Forces armées burundaises (ex-FAB), selon nos sources au sein de la FDN.

C’est ce même officier qui avait choqué en déclarant lors d’une séance de causerie morale que « les maisons se trouvant dans les quartiers contestataires appartenant aux militaires doivent être détruites pour qu’ils aillent vivre dans des tentes ».

D’après la radio Publique Africaine (RPA) que L’envoi de ces deux officiers intervient après la nomination du Général de Brigade Audace Nduwumusi surnommé ‘’Goliath’’ comme Commandant adjoint de la force AMISOM en remplacement du Général de Brigade Cyprien Ndikuriyo. Le Général de Brigade Audace Nduwumusi a été cité par plusieurs sources militaires comme ayant accueilli plusieurs cargaisons d’armes entrés en clandestinité au Burundi mais aurait aussi facilité le déstockage de plusieurs armes des camps militaires pour les redistribuer aux jeunes ‘’Imbonerakure‘’ affiliés au parti au pouvoir CNDD-FDD.

Le nom de cet officier a par ailleurs été cité dans un document confidentiel du Bureau des Nations-Unies au Burundi (BNUB). Nos sources militaires ajoutent que le Général de Brigade Audace Nduwumusi aurait été actif dans les massacres de civils du 11 au 12 décembre 2015 à Bujumbura après l’attaque perpétrée contre les camps militaires par des groupes armés.

L’Union Africaine n’a pas contestée ces propositions de Bujumbura concernant ces trois officiers. Les Nations Unies avaient renvoyées pour leur part trois officiers Burundais affectés au sein de la mission de maintien de la paix de l’ONU en Centrafrique (MINUSCA) en février 2016 après deux mois d’affectation. Il s’agissait du Major Pierre Niyonzima, du Major Jimmy Rusheshe et du Major Jean Bosco Mushimantwari. La décision du Département des Opérations de maintien de la paix de l’ONU se basait sur un rapport de l’Office du Haut-Commissariat aux droits de l’homme concernant « les allégations de graves violations des droits de l’homme » qui pèsent sur les trois officiers de l’armée burundaise.

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Bwiza/com

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