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Burundi : Gaston Sindimwo assume ses menaces à l’endroit des ressortissants des pays qui ont suspendus leur appui au Burundi

Le Premier Vice-président de la République met en garde les étrangers vivant au Burundi, alors que leurs pays d’origine ont suspendu l’aide apporté au Gouvernement Burundais. Gaston Sindimwo a fait cette déclaration choc samedi lors d’une manifestation dite de paix, de l’unité et du développement.

Il s’agit des rassemblements organisés depuis quelques semaines par le pouvoir où des slogans anti-Rwanda ou occident sont régulièrement scandés.

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Après cette marche manifestation de samedi à Bujumbura, le Premier Vice-président de la République a pris la parole devant les militants pro-pouvoir venus soutenir le mouvement. Pour Gaston Sindimwo, il n’est pas question que les étrangers restent au Burundi alors que leurs pays ont suspendus l’appui au Gouvernement Nkurunziza : « ils prennent des sanctions contre nous et écrivent que la coopération entre leurs pays et le nôtre est suspendue. Mais ils sont toujours ici au Burundi. Paradoxalement, ils ont fermé leurs bureaux mais ils continuent de circuler au Burundi » a scandé Gaston Sindimwo.

Le numéro 2 de l’exécutif leur donne deux choix : soit de partir ou demander un visa touristique. « S’ils restent ici, ce sera pour travailler conformément à ce qu’ils étaient venus faire. Nous voudrions donc leur dire de demander un visa touristique, et comme cela nous saurons qu’ils sont des touristes et non
qu’ils sont ici pour telle ou telle mission » a conclu Gaston Sindimwo devant les manifestants pro-pouvoir. Les réactions n’ont pas tardé à fuser.

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Le Premier Vice-président, Gaston Sindimwo

Gratien Rukindikiza, qui suit de près les questions politiques au Burundi, estime que ce discours révèle la « fatigue » du pouvoir du Président Nkurunziza : « le pouvoir est conscient que les sanctions prises contre lui auront des incidences sur leur budget. Il pourrait ne plus avoir les moyens de payer ceux qui les aident dans la répression ». Il ajoute qu’il s’agit aussi d’une tentative visant à faire peur aux pays occidentaux : « il pense qu’en chassant leurs ressortissants, il y aurait des pays qui auraient peur de perdre leurs intérêts au Burundi et reviendraient sur leur décision de suspendre leur coopération avec le Burundi.

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Je soupçonne d’ailleurs que certains au sein du pouvoir veulent réellement mettre cela en pratique. Ils iraient même jusqu’à s’en prendre à ces étrangers en jetant la responsabilité aux groupes rebelles.
Ainsi certains occidentaux quitteraient le pays et d’autres décideraient de lever les sanctions » selon Gratien Rukindikiza.

Mais pour lui, il ne s’agit là que des « dernières cartouches » du Président Nkurunziza. Gaston Sindimwo se contredit dans ses explications et brandit des menaces après la reprise sur les réseaux sociaux de l’audio de Gaston Sindimwo au cours de la manifestation de samedi, la Première vice- présidence s’est attaquée sur twitter à Pacifique Nininahazwe, un des activistes de la société civile qui avait dénoncé un tel discours. « Mensonges, montages, diffamations, Pacifique Nininahazwe, cette voie est sans issue » a tweeté le Cabinet de Sindimwo. Une tentative de nier ses propos ? Apparemment, le numéro deux de l’exécutif admettra plus tard avoir bien tenu ce discours mais tente d’expliquer son sens : « Je n’ai jamais dit aux corps diplomatiques accrédités au Burundi de plier bagage, car ils sont à l’œuvre » a déclaré Gaston Sindimwo lors d’une interview accordée ce mardi 19 avril à VOA.

Le Premier Vice-président de la République va plus loin en nommant les ‘’organisations’’ pointées dans son discours : « j’ai parlé des ONG dont leurs pays ont suspendus leurs partenariats avec le Burundi. Je peux vous donner un exemple : il y a la Coopération technique belge qui a fermé ses portes ainsi que d’autres ONG qui ne travaillent plus » ajoute Sindiwmo. Toutefois, après vérification, il s’avère que la CTB n’a pas fermé toutes ses activités puisque celles liées à l’agriculture se poursuivent.

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Gaston Sindimwo, Premier Vice-président de la République, brandit maintenant la menace d’occupation des locaux des ONGs par les services de l’Etat : « nous n’avons pas encore pris la décision, mais nous sommes en train d’étudier comment les bureaux de ces ONG fermées peuvent être utilisés par les Services de l’Etat » ajoutant qu’il s’agit d’un clin d’œil aux ONGs de reprendre leurs activités ou de quitter le pays. « Un discours indigne d’une haute autorité » Mais pour l’opposant Léonce Ngendakumana, président du parti Frodebu et de la coalition de l’ADC, « ce genre de discours est celui d’un homme qui n’est là que pour profiter des avantages de son poste car il ne connaît pas les missions que lui a assigné celui qui l’a nommé ».

Selon Ngendakumana, ce discours de la part de Gaston Sindimwo ne le surprend par ailleurs pas : « quelqu’un que j’ai entendu appeler à augmenter le nombre de bataillons arguant que les autorités rwandaises ont perdu la raison, est-ce que vous pouvez vous étonner qu’il dise un discours pareil ? Je pense qu’il ne connait pas la mesure de ses fonctions. Il ne sait pas qu’il s’agit d’une noble fonction prévue par l’accord de paix d’Arusha et la Constitution. C’est un poste réservé aux personnes qui tiennent des discours rassembleurs et apaisants pour les Burundais et les étrangers vivants au Burundi », déclare le président du parti Frodebu.

L’opposant politique, un des rares à ne pas avoir fui le pays, conclut en demandant au pouvoir de Bujumbura d’accepter la voie des négociations « car leur plan de vouloir chasser tout le monde, de tuer, de faire fuir des Burundais ne mènera nulle part. Nous devons absolument mettre un terme à ce pouvoir, sinon ils nous emmènent tout droit dans un gouffre ». Ni la Présidence de la République, ni le Ministère des Relations Extérieurs n’ont encore réagi aux déclarations du Premier vice-président Gaston Sindimwo.

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Eric NININAHZWE@bwiza.com

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