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Burundi: l’ancien président Buyoya met en garde contre “un risque de génocide”

L’ancien président burundais Pierre Buyoya a mis en garde contre “un risque de génocide” au Burundi et dénoncé la volonté des dirigeants actuels du pays d’ethniciser la crise, dans un entretien vendredi sur Radio France internationale (RFI).

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“Il y a risque de génocide bien sûr. Je me demande d’ailleurs s’il n’y a pas déjà des éléments de génocide quand on voit le niveau atteint par les violences aujourd’hui”, a déclaré M. Buyoya, qui dirigea le pays de 1987 à 1993, puis de 1996 à 2003.

Interrogé sur une volonté d’ethniciser la crise de la part du régime du président Pierre Nkurunziza, M. Buyoya a répondu: “c’est clair!”.

“Il suffit de lire le discours politique qu’il y a sur la place publique, et malheureusement de la part de hauts responsables”, a-t-il souligné.

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“Il y a les faits, les expressions au quotidien, ce qui se dit en cachette fini par être connu. Et vraiment on a l’impression que dans certains milieux il y a une volonté d’utilisation de la crise”, a ajouté l’ancien chef de l’Etat, dont les prises de positions publiques sur son pays sont très rares.

“Ce sont des mots qui sont adressés à des responsables politiques, parfois en cachette, mais ça finit par se savoir, c’est le discours souterrain qui soutient toute cette violence”, a-t-il observé, rappelant qu'”on a eu dernièrement un discours du président du sénat qui a fait le tour du monde, un discours très dangereux”.

“Des confrontations ethniques ont eu lieu depuis longtemps, depuis des décennies entre les deux communautés hutu et tutsi. C’est ce que nous avons essayé d’exorciser au Burundi. On pensait avoir fait des progrès, malheureusement on a l’impression qu’on retourne à la case départ”, a déploré M. Buyoya (un Tutsi, arrivé au pouvoir après deux coups d’Etat, et qui a remis ce pouvoir en 2003 à un Hutu pour mettre en oeuvre les accords d’Arusha mettant fin à la guerre).

“Nous sommes arrivés à un moment où il est impossible de se taire et où le pays peut basculer dans l’irréparable”, a jugé l’ex-chef d’Etat.

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En public, les dirigeants du régime et les chefs du parti présidentiel CNDD-FDD (issu de l’ancienne rébellion hutu pendant la guerre civile de 1993-2006) se gardent de toute accusation explicite contre les Tutsi, mais ils ne cessent de se poser en défenseur de “la démocratie” et de la majorité silencieuse, sous-entendu la majorité paysanne hutu.

En coulisses, notamment dans les réunions du parti, le discours est beaucoup plus dur et marqué ethniquement.

Dans un communiqué publié en français mardi et signé de son président Pascal Nyabenda, le CNDD-FDD s’en est pris notamment à la Belgique et à ceux qui, selon lui, soutiennent “un pouvoir ethnique nilotique (ou Tutsi, selon les extrémistes hutu) au Burundi qui passerait par la mise en place d’un gouvernement de transition et oublie a jamais la démocratie”.

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Le CNDD-FDD y dénonce ce qu’il estime être “la haine contre les Bantou de l’Afrique centrale” et la “pensée coloniale et néo-coloniale” qui viserait à “remettre le pouvoir dans les mains de ceux qui sont prédéterminés à diriger et écraser les peuples jugés inférieurs”.

Il s’agirait de “permettre le retour aux anciens temps coloniaux (…) où une certaine partie de la population était jugée inférieure par rapport à une autre et que celle supérieure était née pour diriger selon le schéma du colon Belge”.

“Cette pensée est à combattre avec toutes les énergies car visant l’annihilation de la souveraineté du peuple dans sa légitimité de se choisir ses propres dirigeants (…)”, selon le CNDD-FDD.

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