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Burundi : Les rondes nocturnes au campus inquiètent

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Au campus de Mutanga, les étudiants se réclamant du parti au pouvoir de Bujumbura sont pointés du doigt dans l’intimidation de leurs condisciples, même si le chargé de la sécurité dément.

Selon le journal Iwacu, « ils font la pluie et le beau temps, ils circulent avec des gourdins en groupes de 3 ou de 4. Ils n’hésitent pas à tabasser toute personne qui entre au campus », accusent certains étudiants contre les collègues du parti.

Selon eux, vers 23heures, un grand nombre se concentre au niveau de l’entrée qui donne sur la 9ème avenue de la zone Nyakabiga. Des sources sous anonymat soutiennent que ces jeunes règnent en maîtres. «Ils se comportent en vraie force de l’ordre parallèle.»

D’après les témoignages des étudiants, plusieurs raisons expliquent pourquoi ils rentrent dans les heures avancées : certains étudiants sont obligés de sortir du campus pour se restaurer, d’autres sont des serveurs, veilleurs, tenanciers de petites affaires dans des quartiers avoisinants.

Ils avancent que l’attitude de ces Imbonerakure est incompréhensible dans la mesure où ils ne s’opposent pas au contrôle des mouvements vespéraux dans les résidences universitaires. «Que ce soit les autorités habilitées qui s’en occupent. Sinon il est intolérable que des étudiants se substituent aux forces de l’ordre.»

La goutte qui a fait déborder le vase

Lundi 14 août. Un étranger entre au campus vers 1 heure. Il vient récupérer son téléphone dont il a rechargé la batterie dans la chambre d’un ami. Il pénètre sans déconvenue.

De retour, en compagnie de son ami, ils sortent par la 9ème avenue du quartier Nyakabiga III. Des étudiants «veilleurs» s’en prennent à eux. Ils les font asseoir par terre. Un interrogatoire s’improvise. «D’où venez-vous ? Que faisiez-vous jusqu’à cette heure-ci ?… »

Ils sont passés à tabac. L’étudiant parvient à s’échapper. Il court en direction du pavillon IV. Il vocifère au secours. Alertés, les étudiants accourent pour sauver l’hôte du campus.

Selon des témoins oculaires, un certain Edouard, agent de la régie des œuvres universitaires chargé de la sécurité au campus Mutanga, intervient, en vain. Ils sont tous complètement dépassés, submergés… Nos sources déplorent que tout cela se passe au vu et au su des policiers en faction dans ce campus.

Elles indiquent que le visiteur est emprisonné depuis cette nuit à la police judiciaire de Jabe, zone Bwiza de la commune Mukaza.

Célestin Nibona-Bonasize, directeur adjoint de la régie des œuvres universitaires chargé de l’encadrement et de la sécurité, réfute en bloc ces accusations.

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«Les étudiants sont ici pour étudier et non pour faire des rondes. La sécurité, c’est notre affaire avec les agents de la régie des œuvres universitaires.» Il évoque la présence d’une position policière dans ce parc universitaire.
Il souligne que les policiers appréhendent parfois des personnes étrangères au campus. A titre d’illustration, il parle de quelques cas de vendredi 11 et lundi 14 août. «Ils sont désormais entre les mains de la police.»

Et quand aux plaintes de passages à tabac, il s’étonne du silence des victimes. «Cela laisse des zones d’ombre.»
M. Nibona-Bonasize rappelle que le règlement dans les campus stipule que les portes doivent être normalement fermées à 21h. Et de préciser que seules les entrées du 28 novembre et du boulevard de l’Uprona sont reconnues par les autorités de l’Université.

Il recommande aux étudiants de placer leur confiance à la représentation générale des étudiants récemment mise en place.

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Jean Baptiste Karegeya

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