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Camp Kiziba : Gaz lacrymogène, révocation du comité, emprisonnement provisoire des catalyseurs

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La police rwandaise a tiré des gaz lacrymogènes sur des réfugiés à Kiziba, après la résistance et jet des pierres sur les visiteurs de police et du gouvernement, hier lundi. La mission de ces derniers était de  d’arrêter le comité qui dirige le camp, selon Reuters. Au tribunal de grande instance de Muhanga, le procès des présumés catalyseurs est reporté, l’emprisonnement est prolongé de 30 jours.

En février, les réfugiés congolais de ce camp ont organisé une marche de 15 km, protestant contre la réduction de 25% des rations alimentaires fournies par le HCR en raison d’une pénurie de fonds. Les manifestations ont occasionné 15 morts, 87 blessés, 30 disparus, 22 arrêtés.

La plupart de ces refugiés ont fui la République démocratique du Congo pendant les périodes d’instabilité au cours des 20 dernières années.

De l’incident de ce lundi 30 Avril, les tires du gaz lacrymogène ont fait un enfant blessé à la tête comme l’a déclaré à Reuters Muligande Ntabana, un réfugié du camp. Cependant, le  porte-parole de la police n’a pas répondu  pour commentaire, au moment ou  le gouvernement a déclaré prendre des mesures pour “normaliser la situation” au camp de Kiziba, cet abri à 17000 personnes.

Un autre réfugié, le capitaine Ferdinand, âgé de 32 ans, père de trois enfants, a déclaré: «Ils veulent arrêter notre comité, nous devons rentrer chez nous. Je ne sais pas si des balles et gaz lacrymogène sont de bonnes réponses aux demandeurs de rapatriement ».

Par contre,  le ministère rwandais de la gestion des catastrophes et des réfugiés la cessation immédiate des manifestations, accusant le comité en place de l’agitation. “La conduite violente, indisciplinée et provocatrice dans le camp est illégale et doit cesser immédiatement pour permettre le rétablissement de la paix, de la loi et de l’ordre”, annonce le MIDIMAR dans un communiqué.

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Communiqué, issu lundi 30 Avril 2018 :

Le Ministère de la gestion des catastrophes et des réfugiés informe le public qu’une série de mesures ont été prises pour normaliser la situation dans le camp de réfugiés de Kiziba à la suite des troubles récents.

Les conclusions préliminaires ont établi que le comité exécutif des réfugiés, qui avait été créé pour aider à la gestion du camp, a plutôt soulevé des troubles dans le camp de Kiziba, et mobilisé les réfugiés pour se révolter contre les représentants gouvernementaux et les institutions partenaires, leur refusant  l’accès au camp ; un désordre qui rend dangereux le camp et ses environs dangereux.

Le MIDIMAR a décidé, conformément aux instructions ministérielles N0 0I / 2017 du 3 novembre 2017 sur la conduite des élections dans les camps de réfugiés, de dissoudre le comité exécutif des réfugiés avec effet immédiat, comme l’une des mesures et commander dans le camp et ses environs.

Le ministère a également déclaré que la conduite violente, indisciplinée et provocatrice dans le camp est illégale et doit cesser immédiatement pour rétablir la paix, la loi et l’ordre, et permettre le dialogue pour résoudre tous les défis existants ou émergents.

Le gouvernement du Rwanda a le devoir d’assurer la sécurité de tous les Rwandais et réfugiés hébergés au Rwanda. Le ministère demande donc à tous les réfugiés de coopérer pour rétablir la sécurité au sein du  camp et donne avis que toute personne qui tenterait d’interférer avec ce processus enfreindrait la loi et serait tenue de rendre des comptes.

Le Gouvernement du Rwanda continuera à travailler avec divers partenaires, y compris les agences des Nations Unies, pour améliorer le bien-être et la protection de tous les réfugiés vivant au Rwanda ».

A Muhanga, le procès des 22 détenus devrait avoir lieu, mais le parquet demande la prolongation de l’emprisonnement, tant que les investigations restent en cours.

Les présumés et la défense avancent la libération, étant donné que l’emprisonnement provisoire est à terme. Le tribunal rejette la demande, prétendant que les présumés peuvent prendre fuite et disparaitre, une fois libérés. Parmi les détenus, figurent même les membres du comité révoqué par MIDIMAR, selon Umuseke.com.

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Jean Baptiste Karegeya

 

 

 

 

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