Jeudi 9 novembre, le Tribunal Pénal International a ordonné une enquête sur les crimes au Burundi, mais son lendemain, le pays visé nie toute coopération avec les enquêteurs. Samedi 11 novembre, deux présidents est-africains ont condamné la décision de la CPI, contre un pays qui n’est plus membre depuis quelques semaines.

La CPI a toutefois abordé la question particulière du fait que le Burundi soit un non-membre du groupe, “la CPI a compétence sur les crimes qui auraient été commis au Burundi ou par ses ressortissants du 1er décembre 2004 au 26 octobre 2017, le Burundi était encore membre ».

Mais le Burundi a déclaré vendredi qu’il ne va pas coopérer avec les  enquêteurs  de la CPI sur les crimes de guerre.  “Le gouvernement rejette cette décision et réitère sa ferme détermination de ne pas coopérer”, a déclaré la ministre burundaise de la Justice, Aimee Laurentine Kanyana.

Certains  pays africains soutiennent le Burundi

Certains experts confient à Africanews, qu’il sera difficile pour le Procureur de la CPI, Fatou Bensouda, de rassembler des preuves sans le soutien du gouvernement burundais qui, le mois dernier, a été le premier à se retirer de la Cour de La Haye.

A l’instar du Burundi, le Kenya et l’Afrique du Sud ont menacé de se retirer du tribunal, arguant que cela visait de manière disproportionnée les Africains.

Samedi 11 novembre, dans un communiqué de la présidence tanzanienne,  “Le président ougandais Yoweri Museveni a condamné la décision de la Cour pénale internationale (CPI), qui a ordonné à son procureur de lancer une enquête sur le conflit au Burundi”.

La déclaration a été publiée après la visite de trois jours en Ouganda, par le président tanzanien John Magufuli,  où il avait eu des entretiens avec Museveni sur le Burundi et d’autres sujets.

“Museveni … a déclaré que la CPI s’ingère dans les affaires de la CAE(Communauté d’Afrique de l’Est), sans consulter les dirigeants locaux, ce qui est une fausse manœuvre qui sape les efforts de rétablissement de la paix au Burundi”, indique le communiqué.

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“Magufuli a déclaré que cette décision allait à l’encontre des efforts déjà déployés par la CAE, notamment la nomination d’un comité de médiation pour le processus de paix au Burundi dirigé par l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa”.

Les médiateurs régionaux des pourparlers de paix au Burundi devraient tenir une autre série de pourparlers le 23 novembre, a annoncé la présidence tanzanienne.

Magufuli a déclaré que les problèmes de sécurité au Burundi ont été exagérés, citant un récent rapatriement volontaire des réfugiés burundais de la Tanzanie.

Le Burundi a sombré dans la violence en avril 2015 après que le président Pierre Nkurunziza ait annoncé qu’il allait briguer un troisième mandat, déclenchant des protestations et une répression des forces de sécurité.

Il a été réélu en juillet, mais la plupart des opposants ont boycotté le vote, affirmant que sa décision violait la constitution et les accords de paix d’Arusha, qui avait mis fin en 2005, à une guerre civile dans ce pays d’Afrique centrale.

Par suite, les forces gouvernementales auraient tué plus de 1 000 personnes et d’autres 400 000 furent déplacées. Les groupes de défense des droits de l’homme affirment que le nombre de morts pourrait être plus élevé.

Le tribunal doit enquêter sur des crimes contre l’humanité dont le meurtre, la torture, le viol et la persécution.

La Tanzanie, qui accueille des milliers de réfugiés burundais, et l’Ouganda sont alors  engagés depuis des mois dans des efforts diplomatiques visant à rétablir la paix au Burundi. Jusqu’à présent, il y a eu peu de progrès.

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Jean Baptiste Karegeya

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