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Des rebelles burundais remisent par la RDC

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124 burundais ont donc franchi la frontière de la RDC sous bonne escorte de la police et l’armée congolaises.

« On est toujours mieux chez soi », a indiqué le gouverneur de la province du Sud Kivu, Marcellin Cishambo. Selon lui, cette action a été faite en accord avec le Gouvernement burundais et les partenaires de la Communauté internationale, dans le respect de la loi.

Satisfaction du côté burundais. Sur place, la ministre de la Justice, Aimée-Laurentine Kanyana a parlé de bonnes relations avec le Congo voisin et évoqué la réciprocité « au cas où nous aurions des prisonniers congolais. »Elle n’exclut pas l’hypothèse de retrouver, parmi ceux qui sont revenus, des personnes qui ont été portées disparues.

Pour la ministre, il n’est pas anodin que ce ne soit que des jeunes hommes qui soient rentrés. « Ce sont les jeunes qui ont été enrôlés par certaines bandes armées pour venir intimider le Gouvernement burundais. Ils ont été victimes des politiciens.»

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Aimée Laurentine Kanyana est toutefois restée vague quant à leur destination et au sort leur réservé. « Certaines personnes ne sont pas contentes de leur retour. Ils vont recevoir une éducation patriotique pour éviter qu’ils soient déstabilisés et retournent à la case départ. »

Ceux qui ont refusé de rentrer

Sous un arbre, à la frontière côté congolaise, les autorités congolaises, le HCR, la Cirgl ainsi que la Monusco, à travers la section des droits de l’Homme opéraient la vérification des vraies identités de ces irréguliers. Parmi eux, 12 ont été reconnus par le HCR. 18 sont des rwandais et 35 autres burundais ont refusé de franchir le poste frontière de Gatumba. C’est donc un total de 65 détenus qui sont rentrés en RDC.

Sur les 12 reconnus par le Haut-Commissariat pour les Réfugiés, 4 ont répondu aux questions d’Iwacu.
«Je sortais du camp pour chercher du travail pour mieux faire vivre ma famille lorsque j’ai été capturé et embarqué en prison.» a indiqué un jeune homme. Il dit vouloir rentrer au pays mais pas dans l’immédiat. « Je veux d’abord revoir ma famille qui vit dans le camp de réfugiés, avant de penser à mon rapatriement. »

L’autre raconte qu’un ami emprisonné lui a demandé de payer sa caution. « Arrivé sur les lieux j’ai été jeté en prison et on m’a accusé de rébellion j’ai tenté plusieurs explications en vain. »

Le moins jeune du groupe affirme pour sa part avoir été capturé dans le camp et emprisonné. Il déclare avoir été sorti de prison et emmené à la frontière de force. « Je ne pouvais qu’obtempérer. » il dit son soulagement lorsque le HCR l’a trouvé dans sa base de données.

La seule femme du groupe a affirmé ne pas être au courant des motifs de son arrestation. « C’est mon mari qui a été accusé de vendre des armes et comme on ne parvenait pas à l’attraper, c’est moi qu’on a pris à sa place. »

Ce mercredi 01 janvier, le Conseil Territorial de Sécurité d’Uvira a tenu une réunion extraordinaire à Uvira. Le Gouvernement de la Province du Sud-Kivu, tout comme les experts de la CIRGL et des représentants de la Monusco et du HCR étaient sur place. L’objectif était de vérifier que 65 restent effectivement et physiquement détenus à Uvira.

Tous les 65 ont confirmé avoir refusé de rentrer dans leurs pays. En clair donc, ce sont 35 Burundais qui restent détenus en RDC pour des délits divers. Ces 35 détenus vont être transférés à Bukavu incessamment. Le HCR et la MONUSCO ont plaidé pour que leur situation soit rapidement clarifiée, pour éviter qu’ils ne soient détenus indéfiniment.

Rebelles ou pas rebelles ?

Plusieurs hypothèses ont été avancées par les autorités et la presse congolaises pour qualifier les Burundais remis au Gouvernement.

Selon des sources concordantes, le gros de ces burundais auraient indiqué s’être réfugiés au Rwanda. Et c’est de là qu’ils ont été recrutés pour suivre « une formation paramilitaire», avant de recevoir des cartes d’électeur congolais et de franchir le sol du sud Kivu. Destination finale, revenir pour une action au Burundi. Certains d’entre eux seraient des rebelles du Forebu et quelques membres du FNL de Nzabampema.

Toutefois, du côté burundais, on souligne une enquête qui sera menée pour procéder à l’identification de ces personnes afin de savoir « le profil de chacun et aviser de la suite.

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Abdou Nyampeta/ Bwiza.com

 

 

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