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Du camp à l’ambassade: Mukantabana et Çitaku partagent leur passé pénible

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Les femmes Vlora Çitaku du Kosovo et Mathilde Mukantabana du Rwanda représentent leurs pays aux États-Unis. Elles ont toutes été réfugiées à bas âges, mais maintenant diplomates. Les deux ambassadrices racontent leurs histoires profondément personnelles sur la vie après le génocide, ils discutent de leurs chemins vers la diplomatie sur POLITICO’s Women Rule podcast.

Lorsque Vlora Çitaku avait 18 ans, elle est devenue réfugiée en Macédoine, alors que Mathilde Mukantabana a été expulsée vers le Burundi.

“L’ampleur de la terreur était du jamais vue, des milliers ont été tués, des milliers de femmes ont été violées”, Çitaku rappelle le génocide des Albanais par les forces serbes.

Mukantabana, de l’ethnie tutsi, a été contrainte de quitter l’école au Rwanda et de vivre en tant que réfugié au Burundi. Réfléchissant à cette époque, Mukantabana se souvint: «Les gens ne faisaient pas confiance à aucune des institutions en place : l’église,  l’état, même pas confiance à la famille. En 1994, une nouvelle vie aux États-Unis, mais plusieurs membres de sa famille furent massacrés dans le génocide.

Pour l’ambassadrice Çitaku, elle parle de «la période la plus douloureuse» de son enfance – juste avant le début de la guerre au Kosovo – et de la violence subite à l’école : voir votre professeur battu par la police devant  vous, impuissant de rien faire”, dit-elle. C’est choquant, “Votre professeur est votre héros et modèle, le voir  battu ! Incapable de faire quelque chose, par  peur.”

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Elle décrit comment les Albanais natifs Kosovo,  visés par le gouvernement, se sont organisés pendant des périodes difficiles et ont développé un «système alternatif d’éducation », puisque chasses du système formel.

“Nous avons une diaspora très forte et puissante, elle a instaure une forme de taxe et accumulé des fonds. C’est ainsi que mes parents les autres enseignants, ont commencé à toucher des revenus”.

“Je me souviens du jour où les forces serbes sont venues nous expulser, et c’était un chaos. Des milliers de personnes, et on n’avait pas de choix de destination. Nous avons été expulsés “, a-t-elle déclaré.

“Je suis allée en Macédoine, séparée de mes parents, moi et mes trois sœurs. Je me souviens d’avoir porté la cadette dans mes bras. Nous avons marché presque toute la journée et je me souviens épuisée et effrayée. ”

Femmes, partie intégrante de la reconstruction après la guerre

Mukantabana raconte comment les membres de sa famille élargie sont morts lors du génocide rwandais. L’ambassadrice, alors professeur en Californie, a détaillé le balayage ethnique de la population tutsie du Rwanda et comment elle-même a grandi comme réfugiée au Burundi voisin.

“Nous étions restés au [Rwanda] jusqu’en 1973, l’année où l’on m’a chassée, nous avons quitté le pays, et je ne suis jamais revenu “, a déclaré Mukantabana. “Nous sommes allés au Burundi, dans des camps de réfugiés. Nos parents, ne savaient rien de notre vie ou notre mort ».

L’ambassadrice rwandaise parle des difficultés des filles dans les camps de réfugiés et de la manière dont les femmes se sont souvent soudées.

“La plupart de mes amies de mêmes expériences performent même mieux que moi après tout “, a-t-elle déclaré.

Et pour la crise des réfugiés syriens, l’ambassadrice du Kosovo la trouve  “déchirante”.

“Nous disons toujours:” Jamais plus. Trop c’est trop. Que cela n’arrive plus, mais l’histoire se répète sous ses pires formes”, déclare Çitaku.

Elle appelle  à une réponse politique, mais aussi demande aux simples citoyens d’être bienveillants aux réfugiés, et les accueillir à bras ouverts.

“Les politiciens auront leur temps pour résoudre les problèmes. Personne ne souhaite  être réfugié, personne ne le choisit.

Et si on est d’accord ce règlement politique est meilleur que le reste, sans doute on va l’appuyer ».

Mukantabana détaille le rôle joué par les femmes après le génocide rwandais. Les femmes, après l’introduction d’un système de quotas dans leur parlement, représentent maintenant 64% dans les organes décisionnels rwandais, et ont contribué à la reconstruction du pays.

Elle dit que cela a changé beaucoup de choses, dont la prolongation du congé de maternité, la modification des lois de succession, et le droit d’acquisition des terres.

De meme pour Çitaku, le Kosovo après sa guerre, avait un quota d’au moins 30% des femmes – dans leur nouveau gouvernement.

«Nous nous sommes assurés que les femmes sont représentées dans notre processus et nos initiatives d’édification de l’État», a déclaré l’ambassadrice, mais elle avertit que parfois «la représentation ne signifie nullement pas l’autonomisation».

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Jean Baptiste Karegeya

 

 

 

 

 

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