Le rapport de la Commission rwandaise des droits de l’homme (NCHR) a déclaré « connaître la vérité » sur un rapport de Human Rights Watch publié en juillet dernier, selon lequel tous les voleurs sont à la portée de la mort au Rwanda. Aujourd’hui, HRW dit que c’est plein de déclarations mensongères.

Les allégations exposées dans le rapport de la NCHR et lors de la conférence de presse correspondante ont été, pour l’essentiel, fabriquées et ont donné une image fausse du travail réalisé par Human Rights Watch.

« Les allégations de la Commission Nationale des Droits de la Personne montrent que les autorités rwandaises sont peu disposées à tolérer les critiques ou à faire de véritables efforts pour améliorer le bilan du pays en matière de droits humains », a indiqué Ida Sawyer, directrice pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. « Au lieu de discuter des conclusions avec Human Rights Watch – avant la publication – comme cela a été demandé et d’ouvrir des enquêtes sérieuses, les officiels rwandais ont présenté de fausses informations et ont menacé ceux qui osaient s’exprimer sur les meurtres. »

Une enquête de France 24, diffusée le 31 octobre, a relevé des nombreuses incohérences dans le rapport de la NCHR et a corroboré les circonstances autour de quatre des exécutions sommaires documentées par Human Rights Watch.

Depuis que le rapport de la NCHR a été publié, Human Rights Watch a analysé son contenu, ainsi que les déclarations faites lors de la conférence de presse du 13 octobre et lors de la présentation par la commission au parlement le 19 octobre.

Human Rights Watch a également mené des enquêtes supplémentaires sur certains meurtres. Certains des témoins avec qui Human Rights Watch s’est entretenu ont été choqués en apprenant les allégations formulées dans le rapport de la NCHR.

L’exécution extrajudiciaire d’Alphonse Majyambere en est un parfait exemple. La NCHR a présenté une autre personne lors de sa conférence de presse, portant le même nom, mais venant d’un secteur différent et ayant près de 30 ans de plus que la personne qui a été tuée.

Pour le cas d’Elias Habyarimana, tué en mars, la NCHR a mis en avant une femme nommée Pélagie Nikuze qui a déclaré que Habyarimana est son mari et qu’il vit en Belgique. Human Rights Watch a découvert que l’homme qui se trouve en Belgique est en fait une autre personne. L’homme tué en mars était un pêcheur qui n’avait jamais eu de passeport.

La NCHR a reconnu que Fulgence Rukundo a été tué, au motif qu’il avait illégalement franchi la frontière avec la République démocratique du Congo. Cependant, plusieurs villageois ont confirmé à Human Rights Watch à la fin du mois d’octobre qu’ils avaient personnellement été témoins, avec des dizaines d’autres habitants de leur village, de l’exécution de Fulgence Rukundo pour avoir présumément volé et tué une vache le 6 décembre 2016, dans la cellule de Kiraga, à plusieurs kilomètres de la frontière.

Le rapport de Human Rights Watch s’appuie sur des recherches menées au Rwanda entre janvier et juillet 2017, y compris des entretiens avec 119 témoins des meurtres, membres des familles et amis des victimes, responsables gouvernementaux et autres personnes bien informées sur les arrestations et les exécutions.

Tous les entretiens ont été réalisés individuellement et en privé. Human Rights Watch a expliqué à chaque personne interrogée l’objectif de l’entretien, sa nature volontaire, la manière dont l’entretien serait utilisé et le fait qu’aucune rémunération ne serait offerte, conformément à la méthodologie que Human Rights Watch applique dans ses recherches dans plus de 90 pays.

Malgré la tentative de dissimulation dans le rapport de la NCHR, Human Rights Watch continue d’appeler à un dialogue constructif avec le gouvernement et la NCHR, et reste ouvert aux réunions et au partage d’informations avant la publication des rapports majeurs, a déclaré Human Rights Watch.

Pendant 10 mois, Human Rights Watch a cherché, à plusieurs reprises, à rencontrer les autorités, y compris la NCHR, pour discuter des conclusions de ces recherches. Aucune de ces demandes de rendez-vous n’a été acceptée.

[xyz-ihs snippet=”google-pub”]

Human Rights Watch n’est pas le seul organisme international préoccupé par les représailles contre ceux qui osent s’exprimer. Le 19 octobre 2017, le Sous-comité des Nations Unies pour la prévention de la torture, invité à se rendre au Rwanda après sa ratification en 2015 du Protocole facultatif à la Convention contre la torture, a suspendu son déplacement en raison de l’obstruction du gouvernement et de la crainte de représailles envers les personnes interrogées par le Sous-comité. Ce n’est que la troisième fois en dix ans que le Sous-comité suspend une visite.

Attaques contre le personnel de Human Rights Watch

Le rapport de la NCHR a déclenché un torrent d’allégations désobligeantes et infondées contre le personnel de Human Rights Watch de la part de représentants du gouvernement et de membres du parlement.

Le 19 octobre, lors d’un débat ouvert au parlement, un membre du parlement Ruku Rwabyoma a qualifié Keneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch de « chien des génocidaires », ajoutant que Keneth est devenu ‘Avocat des trois diablesses’ poursuivies par la justice rwandaise, Ndlr.

Dans la  même session, le parlement rwandais a recommandé  gouvernement de réévaluer sa relation avec Human Rights Watch afin que « les actes ignobles et diffamatoires contre le Rwanda et le peuple Rwandais ne se poursuivent pas ».

Cependant, le président rwandais lui, qui a risqué sa vie pendant plus de neuf ans, en faveur des droit des rwandais, dit qu’il est mieux placé pour défendre les droits de l’homme plus que HRW.

« Je suis mieux placé que vous pour ce qui est des droits de l’homme, j’ai mis ma vie en danger pour la liberté de notre peuple », ajoutant qu’il avait combattu cinq ans en Ouganda pour la liberté et la paix des Rwandais.

« Vous ne pouvez pas me pointer du doigt », a déclaré Paul Kagame en référence à Ken Roth et d’autres, « Ils n’écrivent jamais sur les victimes du génocide ».

« Vous avez retiré vos troupes pendant que nos gens se faisaient tuer », a-t-il dit, ajoutant: « J’étais ici en train de me battre. De quels droits humains parlez-vous »?

Le protocole d’entente entre le ministère de la Justice et Human Rights Watch, qui en théorie permet à l’organisation d’être enregistrée au Rwanda, a expiré en juin 2017. Human Rights Watch a demandé un entretien avec le ministère afin de renouveler ce document mais n’a pas reçu de réponse.

Selon Ida Sawyer, « Le gouvernement devrait cesser immédiatement toute intimidation et tout harcèlement des membres des familles et des autres témoins, prendre au sérieux les signalements de meurtres et d’autres violations graves et rejoindre les rangs des pays qui œuvrent pour le respect des droits humains fondamentaux. »

Cliques ici pour recevoir le nouvau journal sur facebook sur twitter

Bwiza.com

 

 

 

LAISSER UN COMMENTAIRE

Postez votre commentaire
Andika amazina