Leurs faits ne traduisent pas ce qu’ils ont sur la bouche. Ce sont des hommes présents dans le débat communautaire organisé par Pro-femmes Twese Hamwe dans le secteur de Jomba du district de Nyabihu dans la province de l’ouest en date du 23 juillet 2019. Certains d’entre eux mettent en évidence les avantages de la politique d’égalité des sexes. Ils trompent leurs femmes en leur faisant croire qu’elles sont égales à eux, mais leur pratique prouve le contraire, en particulier en ce qui concerne la bonne gestion des biens de la famille

Certains habitants du secteur de Jomba pensent que l’égalité des sexes est une préoccupation unilatérale de l’État. Ce dernier l’a légalisé et veut que toute la population l’applique. Ces habitants disent que ceux qui font la loi restent à Kigali et ne connaissent pas la réalité sur le terrain. Par conséquent, ils établissent des lois difficiles à appliquer. Pour certains, la loi sur l’égalité des sexes a été mise en place sans consultation préalable de la population et en particulier des hommes.

Les uns indiquent que l’égalité des sexes dans leur secteur existe et qu’est très utile. Dans la famille où l’homme se sent égal à sa femme et vice versa, tout se fait en toute transparence. Par exemple, si vous voulez vendre une vache de  la famille, acheter un lopin de terre ou faire un projet, l’homme et la femme se consultent. Pour cette raison, la parité des sexes favorise la sécurité sociale et le développement de la famille rwandaise.

Les hommes sont malins devant leurs femmes pour croire aveuglément qu’ils sont tous égaux. Par exemple, si la famille veut vendre une vache ou un lopin de terre, elle se consulte sur le prix. Mais plus tard, l’homme complotera avec l’acheteur pour faire baisser le prix car l’acheteur lui donnera le solde à l’insu de la femme. Donc, si la vache vaut 400 000 francs rwandais, les conspirateurs diront à la femme qu’elle vaut 300 000 francs rwandais. Ce solde de 100 000 francs sera versé discrètement a l’homme par l’acheteur et, dans la plupart des cas, avec une réduction en faveur de l’acheteur.

Les femmes du secteur de Jomba ne veulent pas être prises comme des «femmes hommes» car cela peut conduire à la destruction de leurs foyers. Pour cette raison, ils ne veulent pas parler beaucoup en public. Si on leur pose des questions sur la parité hommes-femmes, ils parlent peu, basse voix et parfois même refusent de dire quoi que ce soit. Elles ont peur de leurs maris.

Depuis que l’État leur a parlé de l’équilibre entre les sexes, les femmes ne sont plus battues par leur mari. Ceux qui craignent d’être poursuivis par les autorités de l’État sont dirigés par des femmes.

Certaines femmes profitent de la politique d’équilibre entre les sexes pour prendre le dessus sur leurs maris. Elles passent un bon moment dans les cabarets et, lorsqu’elles rentrent tard le soir, elles n’ont pas peur de demander à manger à leur mari et de les battre. Si ces derniers osent dire quelque chose, ces femmes leur disent qu’elles auraient affaire à l’État si jamais ils les touchaient du doigt.

L’homme est le chef de famille et c’est à lui de prendre les grandes décisions et s’il le juge nécessaire, il peut en informer sa femme. Pour de tels hommes, la femme est assistante et ne peut en aucun cas occuper le même poste que son mari. La gestion régulière du patrimoine du ménage revient à l’homme.

Jean Baptiste Karegeya

 

ACHA JIBU

Tanga igitekerezo
Andika amazina