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Kigali: Une domestique torturée pendant 18 mois, réclame la justice

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Une fille de 16 ans fut enfermée pendant 18 mois, sous un régime torturelle de sa patronne. Sa peau n’a plus de couleur, suite aux coups réguliers des câbles, fibres électriques et pipes. La patronne est sous une peine de trois ans d’emprisonnement fermé, accusée des coups et blessures. La famille n’en convient pas, et fait appelle pour la justice.

Sous le pseudonyme d’Aline Mukamusoni, la fille vient du nord en district de Burera, elle est arrivée à Kigali à la quête d’emploi malgré son âge de scolarité.

Elle a été embauchée par Josiane Uwase, la patronne qui l’a maltraitée à mort. Aline témoigne, « à n’importe quelle faute, minime qu’elle soit, on me donnait des coup. Si par exemple le linge lavé restait dehors, une pluie des coups tombait sur moi. Ma bosse n’attendait pas que les plaies se sèchent, elle me battait encore quand elles étaient fraiches ».

Elle la battait toute nue, sans considérer qu’elle est enfant, et battait n’ importe où sur le corps, elle saignait toujours, car Josiane ne pouvait pas attendre les cicatrices.

D’une voix angoissée et pleine des sanglots longs, Aline révèle que sa patronne l’intimidait, et lui passait son portable, le contraignant de dire à ses parents qu’elle allait bien, qu’elle-même grossi malgré les coups, les déchirures de sa peau.

Une année et demi durant, cette mignonne était enfermée, les coups de câbles jours et nuits. Elle n’a jamais quitté l’enclos depuis son arrivée, pendant ces 18 mois.

Devant les micros et cameras de Flash TV, Aline déplore la sauvagerie de cette mère de deux enfants. « Chaque fois qu’elle arrivée, si quelque chose est en mauvaise position, c’était des coups. Elle m’enfermait dans sa chambre pour me taper. La journée, elle fermait l’enclos pour quitter, partout c’est couvert des tôles, je pouvais pas esquiver ».

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Elle continue à raconter son calvaire, ce traitement inhumain chez Josiane. « Imaginez-vous les coups de câbles dans les blessures saignantes. Quand le sang coulait, elle disait, [va t-en t’essuyer sous le robinet, ne provoque pas ma nausée]. L’eau froide dans les plaies fraiches, c’était pénible. Et quand je mettais les vêtements, ca collait dedans ».

Elle ajoute qu’au moment des visiteurs, on la couvrait d’habits partout et laisser le visage, pour tromper la vue des invites.

Sa tante maternelle qui la garde à Kinyinya de Gasabo, avoue qu’il y a encore des pièces de câbles et des petits fils dans les cicatrices d’Aline. « Il lui arrive qu’elle se gratte dans les cicatrices noirâtres, et quand on l’approche, on n’y tire quelques fils métalliques ».

Josiane Uwase, mal connue du quartier

Les informations ont été délivrées par les voisins qui l’entendaient crier, et qui connaissait Josiane comme [diable], car tous ses domestiques quittaient pour sauver leurs vies. L’un des voisins témoigne, « On n’est pas surpris, on est tous au courant que Josiane tabasse les domestiques. Certains ont quitté par fuite, aucune n’a quittée en droit chemin. Elle est vraiment sauvage ».

Une voisine témoigne la sauvagité de Josiane Uwase

L’autre affirme que les domestiques de Josiane ne sortaient pas, restaient à l’intérieur, on ne pouvait pas savoir si ils sont là ou pas ».

Le 19 Juin 2017, c’est la fin de l’orage pour Aline, quand l’un des voisins informe les services de sécurité pour la sauver. Elle a été trouvée avec un tas de câbles en haut.

Selon le voisinage, Josiane Uwase est une femme libre, et certains pensent qu’elle corrompt les autorités de bases pour la couvrir contre ses infractions de tortures, surtout contre les enfants de moins de 18ans.

Le 17Juillet 2017, le Tribunal de Base de Kacyiru avec siège à Kibagabaga a prononcé le procès de Josiane Uwase, et lui imposa une peine de 3 ans en prison et une amende de 500.000 francs rwandais, pour « Coups et blessures » simples.

Famille, autorités de base, voisins, tous réclament justice

La population voisine de Josiane, la famille d’Aline et les autorités de bases de la cellule Kamatamu avaient tous souhaité que le procès soit rendu à Kacyiru, le lieu du crime. Ca n’a pas abouti, et non plus ne sont pas d’accord avec la peine imposée à Josiane.

Liliane Uwamahoro, Secrétaire Exécutive de Kamatamu/Kacyiru

Liliane Uwamahoro, secrétaire exécutive de la cellule Kamatamu déplore l’injustice qu’a subie cette fille. Elle dit, « L’enfant continue à circuler dans les tribunaux pour chercher justice. Le crime a été mal interprété, cela n’est pas [coups et blessures simples], c’est plutôt la torture, et faite à une mineure, encore employée. Que le procès soit révoqué ».

Les sources anonymes diverses doutent de ce procès, spéculant la corruption pour réduire la peine à Josiane. D’autres pointent du doit à un indien qui la courtise, comme source de financement derrière cette impunité.

Cadre légale : Conflit des compétences judiciaires

Selon Me JMV Bizimungu qui a assiste volontairement Aline, l’infraction devrait être soumise au Tribunal de Grande Instance, car le crime n’est pas « Coups et Blessures » simples, mais plutôt « Torture ».

Il dit, « l’acte a laisse les déchirures sur le corps, la victime est un enfant de moins de 18 ans, et cela a dure 18 mois. C’est une torture ».

L’article 176 du code pénal rwandais (Loi organique no 01/2012) définit la torture en ces termes.

«  La torture s’entend de tout acte par lequel une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, inhumaines, cruelles ou dégradantes sont intentionnellement infligées à une personne aux fins notamment ….de la punir d’un acte qu’elle ou une tierce personne a commis ou est soupçonnée d’avoir commis…. ».

Les cicatrices partout, une peau abimée, fils métalliques dedans

L’ article qui suit(177) de la même loi détermine les peines contre la torture. « S’il est résulté de cette torture, soit une maladie incurable, soit une incapacité permanente de travail, soit la perte de l’usage absolu d’un organe, soit une mutilation grave, la peine est un emprisonnement de plus de cinq (5) ans à sept (7) ans.

Et par conséquent, ce procès pourrait être rendu par le Tribunal de Grande Instance de Gasabo, tel que le stipule l’article 73 de la loi no 51/2008, portant organisation, fonctionnement et compétences judicaires des tribunaux au Rwanda. L’article 73 dit que « Les Tribunaux de Grande Instance connaissent des infractions punissables de peines d’emprisonnement de plus de cinq (5) ans ».

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Jean Baptiste Karegeya

 

 

 

 

 

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