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Kinshasa épinglé pour la répression d’opposants

Paris a demandé jeudi aux dirigeants de la République Démocratique du Congo (RDC) de “respecter les libertés fondamentales” et de garantir “un débat démocratique serein”, après la condamnation à la prison de six militants pro-démocratie.

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“Nous appelons les autorités congolaises à respecter les libertés fondamentales, conformément aux engagements internationaux que la République démocratique du Congo a souscrits”, a déclaré le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué diffusé ce jeudi. “A l’approche d’échéances électorales majeures, conformément à la Constitution, il est essentiel que la société civile puisse prendre part à un débat démocratique serein et que les responsables politiques ne subissent pas d’entraves dans leurs activités”, a ajouté le ministère.

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Six militants pro-démocratie ont été condamnés mercredi à Goma (est de la RDC), à deux ans de prison ferme pour “incitation à la révolte”, en marge d’une grève générale décrétée par l’opposition le 16 février, a annoncé à l’AFP leur avocat. Le 16 février en RDC marque l’anniversaire de la répression meurtrière de la “marche des chrétiens” de 1992 partie des églises catholiques de Kinshasa pour tenter d’arracher la démocratie au dictateur Mobutu Sese Seko. Une coalition d’opposants, ainsi que Lucha, avaient appelé à commémorer cet événement par une grève générale nationale.

“UNE PARODIE DE PROCÈS”

Les six membres de “Lutte pour le changement” (Lucha), mouvement non-violent qui regroupe des jeunes indignés, avaient été arrêtés le 16 février vers 4 heures du matin, alors qu’ils préparaient l’opération “Ville morte”, raconte Amnesty International. L’ONG a dénoncé ce jeudi une “parodie de procès”. “Une fois encore, l’appareil judiciaire a été détourné à des fins de répression politique”, fustige l’organisation dans un communiqué.

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Et l’ex-gouverneur démissionnaire du Katanga, passé dans l’opposition en octobre dernier Moïse Katumbi a tweeté:

Les six jeunes de @luchaRDC condamnés, l’#ANR me bloque avec ma famille à l’aéroport…#RDC sombre dans la dictature. Nous combattrons cela.

Mardi, l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW) avait déjà demandé la libération de “toutes les personnes injustement arrêtées ou détenues sous des accusations fallacieuses”. Deux autres membres de Lucha ont été arrêtés à Kinshasa, selon leur avocat.

LA PERSPECTIVE DE LA PRÉSIDENTIELLE S’ÉLOIGNE

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La perspective de la tenue d’une présidentielle s’éloigne chaque jour davantage et l’opposition accuse le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 et dont le mandat s’achève en décembre, de manoeuvrer pour contourner l’interdiction constitutionnelle qui lui est faite de se représenter. Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, en visite mercredi à Kinshasa, s’est dit “préoccupé par la restriction de l’espace politique” et de “la liberté de manifester” en RDC. Il a déploré le “retard pris par le processus électoral”, et a invité les dirigeants africains à ne pas s’accrocher au pouvoir.

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