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Kwibuka 24 : La CNLG met plus de clarté sur les corps exhumés des fosses communes de Kabuga

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Le centre commercial de Kabuga est situé dans le secteur Rusororo du district de Gasabo en ville de Kigali. A un endroit appelé Gahoromani (coin du centre), des activités visant à dénicher les restes des victimes du génocide contre les Tutsis sont en cours. Dans un communiqué de presse, la CNLG donne plus d’éclaircissement sur ce travail.

Selon cette Commission Nationale de Lutte contre le Genocide, le centre de Kabuga était un grand site d’abattage pour les Tutsis de la partie est de Kigali et des environs ; comme Ruhanga, Mbandazi, Muyumbu, Ndera, Remera, Kanombe et Masaka. Les gens  qui fuyaient vers l’est du pays tandis que d’autres se dirigeaient vers la capitale.

Les informations fournies par les juridictions Gacaca et par certains citoyens,  tous s’ajoutaient aux Tutsis qui résidaient dans la localité.

Cinq barrières mortelles, dont CND

Les Tutsis qui échappaient la mort dans certains endroits voisins, ne pouvaient pas traverser les cinq barrières mortelles. Ils y ont été tués et leurs corps jetés dans plusieurs fosses communes autour du centre.

La première barrière se trouvait devant les maisons de Gatarama, au grand centre de Kabuga, route principale vers l’est.

La deuxième était proche des maisons qui appartenaient à un certain Pierre Mbambanyi.

La troisième était située le long de la route menant à Bugesera(au sud du centre), à un endroit connu sous le nom de chez Mayisha, qui était un commerçant renommé et un Interahamwe notoire, avec ses deux fils Nshimiye et Rudomoro. Au domicile de Mayisha, les Interahamwe ont perpétré toutes sortes de meurtres, c’est ou ils s’organisaient : prendre les instructions avant de partir pour des tueries, donner des rapports sur les meurtres une fois de retour.

La quatrième était située à un endroit connu sous le nom de Kariyeri devant la maison de Faustin Sibomana, le long de la route principale vers Kibungo (est). Dans cette maison, c’est là que la première fosse commune qui comprenait les restes de plus de 150 victimes du génocide a été découverte.

La cinquième barrière se trouvait à Gahoromani, qui portait le nom de code CND Ndlr : CND, Conseil National de Développement, quartier général du contingent des 600 soldats des Inkotanyi, qui étaient là, en attente du gouvernement de transition, selon des accords d’Arusha du 4 Août 1993. Ironiquement, les tueurs dénommaient ainsi les endroits pour dire que les Tutsis se rendaient au CND Kimihurura, mais qu’ils y arrivent en trouvant la mort sur ce site. Il y a plein d’endroits de son nom (ex : Kiyovu/Rugenge), tous étaient les lieux de mort pour les Tutsis.

Gahoromani, une barrière qui a coûte de vies aux Tutsis  qui fuyaient,  mais interceptés et on leur a dit qu’ils avaient été emmenés au CND, insinuant que c’était un endroit sûr (chez les Inkotanyi) mais que c’était un site de meurtre de masse.

Selon les habitants de Kabuga, plusieurs fossés ont été creusés dans les maisons des gens aux alentours en 1992-1993.

Il y avait aussi un grand nombre de miliciens Interahamwe, y compris le chef de la milice de la région, Richard, qui avait un drapeau du MRND chez lui. Les autres membres notoires incluent Kibuye, Rusangiza (fils de Mbambanyi), Kajinya, Rwamuhama Selemani, Kamali Abudarahamani alias Gisaka, Maguru qui était soldat, Hakizimana Theogene, le conseiller du secteur de Rusororo Mwongereza Bernard et ses fils Mudakemwa et Satire qui conduisaient la camionnette d’Ignace Hitamungu. Ce dernier fut condamné de génocide suite a son véhicule qui a transporté les milices pour aller tuer, mais il a épuisé sa pénalité et a été libéré.

Le centre abritait aussi  de nombreux gardes républicains dont l’adjudant-chef Gasana, le Cpl Nsengiyumva et d’autres soldats des casernes militaires de Kanombe qui sont venus en aide aux tueurs.

On ne peut pas oublier les  commerçants inluents comme Helmenigirde Safari, John Gikapu, John Nduwamungu, Phenias et Corporal

Dix sept  fosses identifiées

Parmi les 17 fosses, 11 ont été creusées et six sont restés. Dans certaines, les assassins ont brûlé les victimes avec de l’acide. Il y en a d’autres où, sur les corps, des tueurs ont entassé des cornes et des mâchoires de vaches, puis ont placé des pièces de rechange de vieux véhicules au dessus, avant de les bétonner.

Dans d’autres fosses communes, les victimes ont eu la tête coupée et les restes ont été jetés dans les fosses communes avec les armes utilisées, y compris les machettes. Après, les fosses communes seraient scellées avec du béton.

Dans l’une des fosses, des restes d’enfants ont été trouvés, ce qui indique que les assassins les ont identifié et les ont jetés dans une fosse commune distincte.

Partout dans ces fosses, des outils appartenant aux victimes, y compris leurs vêtements, ont été découverts, ce qui a aidé leurs voisins, amis, connaissances et leurs proches les identifier.

Dr. Jean Damascène BIZIMANA, Secrétaire Exécutif

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