Depuis plusieurs mois, le Burundi accuse le Rwanda d’ingérence, d’accueillir des rebelles sur son territoire, voire de recruter dans les camps de réfugiés, dont celui de Mahama. Des accusations que Kigali réfute.

La tension monte entre le Burundi et son voisin rwandais. Bujumbura accuse Kigali de soutenir la rébellion hostile au président Nkurunziza, notamment en accueillant des rebelles sur son sol ou en recrutant dans les camps de réfugiés. Le gouvernement rwandais, qui n’avait pas encore répondu à ces accusations a récemment organisé une visite dans le camp de Mahama qui habrite 44 000 réfugiés burundais, afin de prouver qu’il n’en est rien. Thaïs Brouck, correspondant de France 24, s’y est rendu et a enquêté dans la région.

Le choix du camp de Mahama n’est pas anodin, puisqu’il concentre les critiques. Pour le gouvernement burundais, c’est ici que la rébellion hostile au président Nkurunziza vient recruter.

S’adressant à la presse et à des diplomates, la ministre burundaise en charge des réfugiés, Séraphine Mukantabana a démenti ces accusations. “Je pense que vous serez le témoin pour dire à ces gens qui sont en train d’avancer ces allégations que cela n’est pas vrai. Le Rwanda n’a aucun intérêt à favoriser le climat d’instabilité et d’insécurité au Burundi “, a-t-elle affirmé.

Des bus et des camions qui partent de nuit avec des réfugiés

Mahama
Le Camp de Mahama

Preuve que le sujet est pris très au sérieux, le représentant du Haut-commissariat de l’ONU aux réfugiés, Saber Azam, a pris la parole pour mettre en garde sur la situation des réfugiés. “Nous avons vraiment besoin de votre aide, et de l’aide du gouvernement rwandais, pour que ces camps restent des camps de réfugiés, et que les réfugiés restent des civils “.

Début octobre, l’équipe de France 24, n’avait pas eu l’autorisation de rentrer dans le camp, malgré une demande officielle, mais avait enquêté dans le village frontalier où certains réfugiés avaient accepté de se confier. Leur version semble aller dans le sens des accusations des autorités burundaises.

“Un matin, mon ami m’a donné ses chaussures et son pantalon. Il m’a demandé de dire à sa mère qu’il partait, qu’il allait devenir un soldat. Le soir je l’ai accompagné jusqu’au terrain de football”, raconte un jeune homme qui témoigne à visage caché. Sur ce terrain situé à quatre cents mètres du camp, le jeune homme assure avoir vu une centaine de jeunes rassemblés. “Ils s’apprêtaient à partir parce que quand tu pars, tu ne portes que le vêtement que tu as sur toi, tu laisses ton téléphone derrière toi. Je ne l’ai jamais revu.”

Dans ce village, hors caméra, d’autres témoins parleront de bus ou de camions qui partent de nuit, avec des réfugiés. Les entretiens ont été interrompus par les forces de police. Selon les autorités rwandaises, les réfugiés qui ont quitté le camp, ont simplement été rapatriés chez eux, au Burundi.

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