Les gouvernements du Rwanda, du Burundi et de la République démocratique du Congo (RDC) ont signé un accord tripartite qui marque le lancement officiel des travaux de construction d’un projet hydroélectrique conjoint de 700 millions de dollars.

Le projet, baptisé « RusiziIII » Hydro-Power, devrait générer jusqu’à 230 MW, pour un coût total compris entre 644 et 700 millions de dollars, selon le ministère rwandais des Infrastructures.   La capacité initiale avait été estimée à 147 MW, mais d’autres études géologiques seront menées pour atteindre les 230 MW convenus.

Le projet hydroélectrique Ruzizi III est une coentreprise de deux sociétés; IPS (une entreprise appartenant à Agha Kan) et Sithe Global remplacés par SN Power (un Norvégien).

La signature de l’accord conclu lundi à Kinshasa, capitale de la RDC, renforcera les déficits énergétiques des trois Etats membres, selon le ministre rwandais de l’Infrastructure, Amb. Claver Gatete qui représentait le gouvernement lors de la signature.

«La signature du projet énergétique Rusizi III aujourd’hui à Kinshasa stimulera la production d’énergie et le développement économique au Rwanda, en RDC et au Burundi», a tweeté le ministre Gatete après la signature à Kinshasa.

Le projet, qui devrait s’achever en 2024, sera financé par plusieurs prêteurs qui financeront la dette au moyen de prêts concessionnels et commerciaux. Il s’agit notamment de la Banque mondiale, de la Banque africaine de développement, de l’Union européenne, de KfW, de l’Agence française de développement (AFD), des banques commerciales et du développeur.

C’est le premier projet régional conçu comme un partenariat public-privé (PPP) visant à optimiser le potentiel hydroélectrique de la cascade de Ruzizi, selon le ministère rwandais de l’Infrastructure.

Pour sa mise en œuvre, un partenaire privé, agissant en tant qu’investisseur / développeur, sera recruté et se verra attribuer une concession.

Ce partenaire devra développer le projet, être un partenaire majoritaire dans une société de projet (PC) avec les trois pays concernés et obtenir le financement nécessaire, a ajouté le ministère dans une déclaration publiée mardi.

Le projet est en cours de développement dans le cadre de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL), une organisation sous-régionale à vocation multiple qui regroupe le Rwanda, le Burundi et la RDC.

Dans le cadre du projet hydroélectrique Rusizi III, sa production d’électricité sera partagée entre les trois États partenaires, le Rwanda disposant de 47 MW et le reste étant partagé entre le Burundi et la RDC.

Le projet comprend un sommet de barrage de 105 m de long, d’une hauteur de 20,5 m, du tunnel Headrace de 2,28 km et une centrale de surface avec 3 unités Francis de 50 MW.

Les unités Francis portent le nom de B. Francis – un ingénieur en hydraulique né en Grande-Bretagne. Il s’agit d’une turbine à eau conçue pour produire un débit élevé à partir d’une faible pression, principalement utilisée dans la production d’énergie hydroélectrique.

En janvier 2016, le Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé des prêts et des subventions d’un montant de 138 millions de dollars pour financer le projet.

Cette approbation fait suite à une subvention de 14 millions de dollars octroyée par le Mécanisme de préparation de projets d’infrastructure (NEPAD-IPPF) du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) à la Great Lakes Energy Organization (EGL) afin de financer les services de conseil en transaction liés au projet. EGL est un organisme sous-régional qui coordonne le développement énergétique en Afrique de l’Est.

La subvention NEPAD-IPPF de 1,4 million de dollars a permis de fournir une expertise clé pour le développement du projet, ainsi qu’une connaissance approfondie du contexte et des acteurs de la région qui ont conduit à la clôture financière éventuelle du projet, selon le communiqué publié à l’époque.

 

 

ACHA JIBU

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