A l’occasion de la 23ème commémoration du Génocide perpétré contre les Tutsi, une tournée à différents sites mémoriaux à travers le pays est organisée. Au cours de cette semaine de mémoire,  Francis Kaboneka, Ministre de l’administration locale rejoint la population de Bugesera au site de Ntarama ce 9 Avril. Pour lui, dire que le Génocide perpétré contre les Tutsi a été causé par l’abattement de l’avion présidentiel est un acte de «torture» contre les rescapés. Au site de Ntarama se repose plus de 5 000 victimes du Génocide.

Dans leurs témoignages, Chantal Niwemugeni, qui a survécu au Génocide à Ntarama et Silas Ntamfurayishyari, qui a sauvé plusieurs Tutsis à Ntarama, ont rappelé les souffrances subies par les Tutsi de Ntarama.

Niwemugeni a dit qu’après l’abattement de l’avion présidentiel, son père leur a dit que des miliciens allaient les exterminer. Leur famille figurait sur la liste des Tutsi à tuer parce que ses deux frères avaient rejoint les troupes  du RPF-Inkotanyi. Par la suite, ils sont allés à l’église de Ntarama par ce  qu’ils pensaient que personne ne pouvait les tuer du temple de Dieu.

Elle a déclaré que la première fois qu’ils ont été attaqués par des miliciens à l’église, ils avaient résisté et réussi à les repousser. Mais cela ne  leur garantissait pas la paix car  le plus tôt possible, les autobus pleins de soldats et de gendarmes sont aperçus à l’église. Ils ont commencé à lancer des grenades et des gaz lacrymogènes alors que les miliciens étaient occupés à utiliser des armes traditionnelles pour finir ceux qui étaient encore en vie.

Elle a raconté qu’ils ont finalement quitté l’église gravement blessée et ont fui vers Butare, d’où ils se sont déplacés vers Kimpiri comme ils étaient, tirés, poussés vers le papyrus et jetés dans des rivières. Niwemugeni  restât dans le papyrus jusqu’à ce que les troupes du FPR arrivent à Ntarama et les sauve.

[xyz-ihs snippet=”google-pub”]

Pour Silas Ntamfurayishyari, il était soldat dans la caserne militaire de Gako. Il était choqué par les persécutions des soldats et des civils Tutsi. Il avait sauvé 18 Tutsi les amenant au Burundi où lui-même avait fui, avant de rejoindre les troupes du FPR. Il  regrette  avoir servi l’armée génocidaire mais aussi est fier d’être dans un Rwanda hors du divisionnisme.

La persécution contre le Tutsi de Bugesera date de longues dates

Selon Francis Kaboneka, le Ministre de l’administration locale,  -invité d’honneur- des persécutions contre les Tutsi de Bugesera ont été faites dans différentes  périodes. «De nombreux Tutsi de différentes régions du pays avaient été forcement emmenés à Bugesera depuis 1959, 1964, 197, 1962 et 1992. Ils étaient exposes  à la mouche tsé-tsé qui devrait les exterminer.  Ils ont enduré des conditions déplorables, et le gouvernement avait installé les Hutu dans les environs de Bugesera pour contrôler ces Tutsi pour les empêcher de fuir le pays.

Au cours des périodes indiquées ci-dessus, les Tutsi de Bugesera ont été progressivement massacrés, les survivants ont succombe dans le fameux Génocide de 1994.

Il exhorte les Rwandais à s’efforcer d’améliorer la vie, transcender les cicatrices du Génocide et nourrir la culture de l’unité et la réconciliation à leurs enfants tout en luttant contre l’idéologie du Génocide.

Le site mémorial de Ntarama figure parmi les six bientôt proposes au patrimoine mondial, géré par l’UNESCO, à cote de celui de Gisozi, Murambi, Bisesero et d’autres.

Cliques ici pour recevoir le nouvau journal sur facebook sur twitter 

Jean Baptiste Karegeya

LAISSER UN COMMENTAIRE

Postez votre commentaire
Andika amazina