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Lutte contre la fraude ou mise sur écoute des abonnés?

Le gouvernement vient de doter l’Agence de régulation et de contrôle des télécommunications de larges pouvoirs en matière de lutte contre la fraude dans le secteur des télécommunications. Ce qui suscite des inquiétudes et interrogations du côté des utilisateurs des téléphones portables.

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«Il est strictement interdit à tous les opérateurs de téléphonie mobile agrées au Burundi de vendre ou d’offrir plus d’une carte Sim à un seul abonné sans l’approbation de l’ARCT.» C’est l’une des nouveautés se trouvant dans une ordonnance du ministre des Finances sortie ce 17 mars.

Cette dernière prévoit pour l’opérateur défaillant une pénalité de 5 millions de Fbu par carte Sim vendue ou offerte. De plus, toute personne qui s’enregistre pour une carte Sim dont il n’est pas le véritable utilisateur est passible d’une pénalité de 5 millions de Fbu par carte Sim. Les opérateurs sont alors sommés, endéans deux mois, de vérifier et de bloquer la carte Sim, en cas de détection d’une fraude à ce niveau. Sinon, une pénalité de 5 millions de Fbu les attend par cas détecté.

En outre, l’ARCT ou son partenaire technique est autorisé à requérir auprès des opérateurs toutes les informations notamment l’identification et les coordonnées de tout abonné. L’ordonnance prévoit également que l’ARCT ou son partenaire technique est autorisé à tout moment et sans préavis à se rendre sur les sites opérateurs afin d’y effectuer des opérations de contrôle de toute nature.

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«Toute obstruction à cette inspection est passible d’une pénalité de 200 millions de Fbu.» L’internet n’a pas été oublié. L’ARCT est autorisée à requérir auprès du fournisseur de ce produit l’identité et les coordonnées d’un abonné sur identification de son adresse IP. Elle peut aussi installer des sondes de contrôle IP chez ces fournisseurs.

« Manière détournée de nous mettre sur écoute »

Selon Déogratias Rurimunzu, directeur général de l’ARCT, ces nouvelles mesures visent à lutter contre la fraude dans ce secteur. « Après des échanges avec les opérateurs télécoms, la police et la documentation, nous avons remarqué que la plupart des fraudes et des crimes sont commis par des gens qui possèdent plus d’une carte Sim.» Il assure que c’est dans l’intérêt de la sécurité du pays. «Il n’y a rien de spécial. Vous pouvez avoir 20 ou 30 cartes Sim, mais il faut qu’on sache pourquoi et surtout l’identification du propriétaire.

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Siege de l’Econet Leo

Toutefois, les utilisateurs ne sont pas rassurés, pour autant. «C’est une manière détournée de nous mettre sur écoute », souligne un abonné. «Celui qui s’amusera à critiquer le pouvoir sur téléphone ou sur ordinateur sera détecté et appréhendé », renchérit un autre. Pour nombre d’abonnés, le gouvernement compte sur ces mesures pour mieux contrôler les communications.

Déogratias Rurimunzu balaie ces accusations du revers de la main. «Comment peut-on écouter plus de 4 millions d’abonnés?»
Du côté d’Econet Leo, on assure que la société travaille dans le respect des lois burundaises. « Nous sommes prêts à mettre en œuvre cette ordonnance », souligne Excellent Nimubona, chargé de la communication et des relations publiques.

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Signalons qu’au Nigéria, le groupe télécoms MTN avait été sanctionné, en octobre dernier, pour ne pas avoir coupé les lignes des utilisateurs ayant des cartes SIM non enregistrées dans le cadre de la lutte contre les activités criminelles, en l’occurrence le terrorisme. Il avait écopé d’une amende record de 5,2 milliards de dollars réduite finalement à 3,9 milliards de dollars. «Pourvu que ça ne se passe pas comme ça au Burundi », confie un abonné.

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Eric Nininahazwe @Bwiza.com

 

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