Ma mère m’a tué: Comment une mère a tenté d’exterminer ses propres enfants

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Lors d’un café littéraire sur son livre Ma mère m’a tué, Albert Nsengimana, âgé de 7 ans lors du génocide de 1994 contre les Tutsi, a déclaré que son livre raconte comment il a survécu de près le génocide après que sa propre mère ait conspiré avec des tueurs pour le faire exécuter.

Le café littéraire a été organisé par la Commission Nationale de Lutte contre le Génocide (CNLG), le dimanche 9 juin, dans le cadre de la 25e commémoration du génocide de 1994 contre les Tutsi.

À l’âge de 7 ans, Albert Nsengimana a vu sa propre mère envoyer ses frères pour être tuer lors du génocide de 1994 contre les Tutsis. L’expérience traumatique a affecté l’enfant de 7 ans au cours de son enfance. Le livre détaille comment il a survécu après un complot orchestré par sa propre mère. Il est le seul à avoir survécu parmi les neuf enfants. Tous les autres ont été remis aux tueurs par leur propre mère.

Nsengimana a raconté qu’avant le génocide, il avait remarqué un groupe de jeunes garçons âgés de plus de 12 ans issus de familles hutu en formation. Cependant, il n’a jamais pris la peine de savoir pourquoi ils avaient été formés. Il ignorait peu qu’ils se préparaient à la tuerie en masse.

«Mon père a toujours été ridiculisé par ses pairs qui étaient hutu à propos de ses traits physiques et qu’on appelait également« Inyenzi », ce qui signifie cafard», a-t-il raconté.

Le 7 avril 1994, les médias ont annoncé la mort du président Juvénal Habyarimana la veille et affirmé que ce sont les Tutsi qui ont abattu l’avion et ont averti les Hutu de les tuer avant qu’ils les tuent eux-mêmes.

Le 8 avril 1994, Nsengimana a déclaré avoir vu Octavien Ngenzi, bourgoumestre de  Kabarondo, a déclaré aux membres de la communauté qui s’étaient réunis non loin de leur maison que «le seul ennemi que vous avez est le Tutsi, allez préparer vos armes que nous les tuions tous. ”

Son oncle était à la tête des auteurs qui avaient promis de les tuer.

«Ce moment est encore frais dans mon esprit. J’ai vu trois de mes frères être décapités et coupés en morceaux. J’étais tout seul dans la forêt; J’avais passé deux jours sans nourriture ni eau et j’ai donc pensé que j’allais retourner chez ma grand-mère une dernière fois pour leur demander de le sauver.

En arrivant là-bas, ma mère avait emmené mes deux jeunes frères sur les lieux de l’assassin et ceux-ci ont été immédiatement tués par mon oncle, qui dirigeait les auteurs ».

«Quand ma mère est revenue, elle m’a dit de me laver les mains et de prendre de l’eau; J’ai souri en pensant qu’elle allait me servir de la nourriture mais ce n’était pas le cas. Ma mère m’a emmené sur les lieux de la tuerie.

À ce moment-là, alors que les Hutu se félicitaient d’avoir tué de nombreux Tutsi, acclamé et buvant de la bière locale, mon oncle, qui avait été chargé par ma mère de me tuer, s’est disputé avec un autre auteur parce qu’il avait une femme tutsie. Les deux se sont tués et pendant cette confusion, je me suis échappé et j’ai cherché refuge dans une église », raconte-t-il.

Mais cela n’a pas non plus offert de sanctuaire, car certains des prêtres permettraient aux Interahamwe de venir nous tuer. Certains d’entre nous se sont enfuis dans une forêt voisine où nous sommes restés pendant des semaines sans nourriture ni abri jusqu’à ce qu’un groupe de soldats du FPR nous sauve, ajoute-t-il.

S’exprimant au café littéraire sur ce livre, Amb. Olivier Nduhungirehe, ministre d’Etat au du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération (MoFA), a expliqué qu’il était incompréhensible qu’une mère qui a porté neuf bébés, chacun pour neuf mois et les a nourris au sein. Mais en 1994, elle les a volontairement amenés à des tueurs. Il a expliqué que cela explique à quel point l’idéologie du génocide est néfaste et fait donc appel au rôle de chacun dans sa lutte.

Le Dr Jean-Damascène Gasanabo, directeur général du centre de recherche et de documentation sur le génocide au sein de la CNLG, a déclaré que nous devions tous participer à la lutte contre l’idéologie du génocide afin de l’éradiquer.

 

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