En Ouganda, deux refugiés rwandais sont parmi les morts le weekend passée, mais les disparitions des rwandais a Kampala font penser aux rapatriements forcés. Les ougandais travaillant au Rwanda se voient leurs contrats non renouvellés, les étudiants rwandais et des Bahima se bagarrent contre ceux d’autres tribus ougandais dans un internat de Ntungamo. Le climat entre les deux pays n’est peut être pas sain.

La semaine passée, un journal ougandais Chimpreports avait signalé les signes d’une guerre froide entre les deux pays voisins et amis. Hier mercredi, le même journal publie que plusieurs Ougandais travaillant dans des institutions rwandaises ont perdu leur emploi dans des circonstances peu claires, signalant une possible détérioration des liens entre les deux pays frères.

Ces Ougandais occupaient des postes de haut niveau dans les organismes privés et gouvernementaux depuis de nombreuses années.

Il s’agit entre autre de Vivian Igunduura, épouse de l’ancien directeur des affaires publiques de l’Autorité de l’aviation civile (CAA), Ignie Igunduura. Elle travaillait a la COGEBANQUE.

L’autre victime est Beatrice Kibwika Kantono, de  MTN Rwanda qui a été priée de démissionner, que ses services n’étaient plus nécessaires.

Il a aussi Ojongoro de la Banque Nationale du Rwanda qui a vu son contrat résilié en octobre.

ChimpReports a également établi que deux Ougandais occupant des postes supérieurs à RwandAir ont été informés que leurs contrats ne seraient pas renouvelés.

Cependant, un officiel au courant dit «tout est fait verbalement», ajoutant: «Aucune raison n’est donnée pour ne pas renouveler les permis de travail».

Disparition ou rapatriement forcé 

L’ouverture du procès fin octobre 2017, à Kampala, de plusieurs policiers ougandais ayant participé à l’arrestation et au retour forcé du Rwandais Joël Mutabazi, met en lumière un phénomène qui semble plus vaste qu’il n’y paraît. Selon RFI, ceci fait que les gens pensent au rapatriement forcé vers le Rwanda.

Mercredi 1er novembre, une femme rwandaise, qui préfère rester anonyme pour sa sécurité, s’est présentée au bureau de l’ONG ougandaise The Pan-African Development Education and Advocacy Programme (PADEAP), qui apporte du soutien aux réfugiés. Elle vit en Ouganda depuis 2001 avec son mari et ses cinq enfants. Mais son mari, qui a fui les persécutions dans son pays, a disparu depuis plus de 24 heures.

Son téléphone est éteint. Son épouse est affolée. « Nous sommes mariés depuis 21 ans et il n’a jamais fait cela avant. Où qu’il aille, il me prévient. Il n’est jamais parti comme cela, sans m’informer. Maintenant, je crains le pire. Peut-être qu’il a été tué. Il a disparu depuis hier. J’ai peur de dormir à la maison, peut-être que ces gens vont venir pour moi aussi. Je vais sans doute aller dormir chez des amis », confie-t-elle.

Joseph Wandega est avocat au sein de l’ONG PADEAP. Il a pris en charge le dossier de cette femme. Il a reconstitué une partie des faits. L’homme disparu a quitté son domicile après avoir reçu un appel d’une connaissance rwandaise qui souhaitait le voir. « Nous essayons de suivre ce dossier depuis ce matin. Nous avons commencé par identifier la première personne qui l’a appelé. Puis nous avons contacté la police d’investigation. Le policier a dit qu’il nous donnerait un rapport complet dans la soirée », explique-t-il.

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Et de dresser le constat suivant : « Il y a des personnes qui disparaissent. Ce n’est pas rendu public. Mais avec les révélations récentes de la presse, et le fait d’en parler, cela va permettre de mettre en lumière qu’effectivement des gens disparaissent. Mais la menace existait déjà avant qu’on en parle, les Rwandais avaient déjà peur, disaient qu’ils faisaient l’objet de kidnappings par des personnes qu’ils ne connaissaient pas, peut-être des gens du gouvernement rwandais », expose-t-il.

Mais si des cas de personnalités comme Joël Mutabazi, ancien de la garde du président Kagame – rapatrié de force par les Ougandais – ont été très médiatisés, beaucoup d’anonymes semblent avoir vécu la même chose.

Aucune statistique officielle n’existe sur le sujet. Impossible de savoir combien de Rwandais ont ainsi été ramenés dans leur pays contre leur volonté. Nicholas Opiyo est un avocat spécialisé dans la défense des droits de l’homme. Il est le directeur de l’organisation ougandaise Chapter Four.

Il a défendu le cas d’un réfugié rwandais, détenu par les Ougandais pendant plusieurs semaines et que ces derniers souhaitaient rapatrier de force au Rwanda. Devant la justice, il a obtenu sa libération.

Nicholas Opiyo critique l’action des forces de l’ordre ougandaises : « Après avoir géré ce cas, il m’est apparu assez clairement qu’il y a une certaine pratique, une section de la police ougandaise et des agences de sécurité qui arrêtent illégalement des réfugiés, les détiennent pendant longtemps, leur extorquent de l’argent et, ensuite, les rapatrient dans les pays voisins et, notamment, au Rwanda. »

Bagarre entre étudiants à Muntunyera

L’école secondaire Muntuyera de Kitunga, dans le district de Ntungamo, a renvoyé au total 81 étudiants soupçonnés d’être à l’origine d’un affrontement entre étudiants rwandais alliés  à ceux de la tribu des Bahima contre ceux d’autres tribus de l’ouest ougandais, dans les nuits la semaine dernière.

Selon chimpreports,  les autorités scolaires confient que la plupart des agresseurs sont de la quatrième année qui finalisent actuellement les examens nationaux. « Ceux-ci auraient caché des bâtons ‘enkoni’, dans les dortoirs et les ont utilisés pour battre leurs collègues de la cinquième ».

Le directeur de l’école, Stephen, a déclaré à Chimpreports que certains élèves de la cinquième ont été blessés. Mais, « la situation s’est aggravée lorsque le groupe d’étudiants victimes a décidé de se venger, mais la police a été appelée pour intervenir et les repousser ».

L’administration a ensuite décidé de siéger et de suspendre tous les étudiants impliqués dans les affrontements.

Muntuyera High School est l’une des écoles en Ouganda avec beaucoup d’étudiants rwandais, par un partenariat formel de l’ancienne association des étudiants à Kigali.

Aucune autorité de ces deux pays n’ose donner son point de vue devant cette situation.

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Jean Baptiste Karegeya

 

 

 

 

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