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RDC : 504 jours pour organiser l’élection présidentielle,  528 millions de dollars, 600 partis, et environ 28 000 candidats

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Dans sa dépêche du mardi 10 octobre, la Commission électorale indépendante (Ceni) en RDC indique qu’il lui faudra plus de 500 jours après la fin du recensement des électeurs pour organiser le scrutin présidentiel, renvoyant de facto à 2019 l’élection à l’issue de laquelle Joseph Kabila doit être remplacé.

L’opposition immédiatement appelle les militants à se lancer dans les rues, alors que la Ceni est confrontée aux contraintes techniques, logistiques et financières , ou une bonne somme 528 millions de dollars manque pour la réussite des scrutins présidentiel, législatif et provincial.

Selon Jeune Afrique, ceci est déclaré dans la dernière dépêche de la Commission nationale électorale indépendante (Ceni), en date du 11 octobre, une phrase suscite de vives réactions en RDC : « La Ceni a besoin de 504 jours après la fin de l’enrôlement pour arriver au jour de scrutin ». Ce recensement étant en cours, et ce pour plusieurs semaines encore dans les régions du Kasaï, cette déclaration de la Ceni revient donc à affirmer qu’il n’y aura pas d’élection en RDC avant le premier trimestre 2019.

Le président Joseph Kabila peut se maintenir au pouvoir jusqu’à cette date. Son second et dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016 et la Constitution ne lui permet pas de se représenter.

Cette déclaration enterre l’accord entre le pouvoir et l’opposition du 31 décembre 2016. Conclu sous l’égide de l’Église catholique, le texte prévoyait des élections présidentielle, législative et locale au plus tard fin 2017. Cet accord dit de la Saint-Sylvestre avait été conclu pour éviter de nouvelles violences après le maintien au pouvoir du chef de l’État.

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« Transition sans Kabila »

« Il n’y a plus à attendre. Congolais, la force de la rue, c’est maintenant… ou jamais », a réagi sur Twitter le mouvement Lutte pour le changement (Lucha).

Félix Tshisekedi, de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), et l’opposant Moïse Katumbi, ex-gouverneur du Katanga, demandent quant à eux depuis le 18 septembre « une transition sans Kabila » après le 31 décembre 2017, « conduite par des personnalités consensuelles chargées de préparer les élections ».

Dans un rapport spécial intitulé « Revue stratégique de la mission de l’ONU en RDC », signé du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et publié le 11 octobre, les Nations unies semblaient déjà anticiper le report des élections : « La majorité des interlocuteurs consultés reconnaissent que le calendrier des élections fixé dans l’accord du 31 décembre ne sera pas respecté », peut-on notamment lire dans ce document.

Lors des discussions modérées par Bronwyn Bruton, directeur des programmes et études au centre Afrique d’Atlantic Council, Corneille Nangaa, accompagné de François Balumuene, ambassadeur congolais aux États-Unis, est revenu sur les enjeux du processus électoral en cours en RDC et les contraintes techniques, logistiques et financières – 528 millions de dollars pour les scrutins présidentiel, législatif et provincial – auxquelles la Ceni est confrontée.

Viendra ensuite l’étape de l’ouverture des candidatures. « Avec plus de 600 partis, il faudra s’attendre à environ 28 000 candidats pour la députation nationale et un peu plus pour les élections provinciales », fait savoir à Jeune Afrique le président de la Ceni.

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Jean Baptiste Karegeya

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