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Rwanda-Afrique du sud : Les relations entre les gouvernements prévalent sur les préférences des individus.

Le gouvernement rwandais vient de lancer une déclaration sur ses relations entre l’Afrique du Sud qui peinent à se réchauffer durablement. Les points de friction, qui se cristallisent autour du cas de l’opposant en exil Kayumba Nyamwasa, venaient de conduire au rappel pour consultation du haut-commissaire sud-africain au Rwanda.

Ainsi, un communiqué du Ministère rwandais des affaires étrangères et de la coopération internationale, ce mercredi 12 décembre révèle ce qui suit:

  1. Le Gouvernement de la République rwandaise est attaché à la normalisation des relations entre le Rwanda et la République sud-africaine, comme l’ont décidé les Présidents Paul Kagame et Cyril Ramaphosa, lors de leur réunion de mars 2018 en marge du Sommet extraordinaire de l’Union africaine à Kigali.
  2. Le Ministère rwandais des affaires étrangères et de la coopération internationale a fait savoir, par la voie diplomatique, qu’il était sérieusement préoccupé par les tentatives constantes du Département sud-africain des relations internationales et de la coopération visant à retarder ou faire dérailler le cours de la normalisation.
  3. Il s’agit notamment d’allégations, sans fondement, portées contre le Rwanda dans des déclarations publiques et dans les médias, fondées sur des rumeurs et des distorsions propagées par des détracteurs rwandais basés au Canada et en Afrique du Sud, ainsi que sur des plates-formes médiatiques associées. Il est préoccupant que le Département sud-africain des relations internationales et de la coopération choisisse de croire ces groupes plutôt que les assurances fournies par le Gouvernement rwandais.
  4. Le Ministère rwandais des affaires étrangères et de la coopération internationale conteste également les convocations répétées du Haut Commissaire du Rwanda à Pretoria pour des raisons inconnues du Gouvernement rwandais, y compris des articles de journaux obscurs.
  5. Les relations entre les gouvernements et les peuples des deux pays prévalent sur les préférences et les aversions des individus. Les relations bilatérales entre États ne peuvent être subordonnées à des négociations suggérées avec des mouvements subversifs et criminels menés par des individus qui ont été condamnés ou recherchés pour des activités criminelles.
  6. Le Gouvernement rwandais, par l’intermédiaire du Ministère des affaires étrangères et de la coopération internationale, réitère sa volonté de continuer à travailler avec le Gouvernement sud-africain sur la normalisation rapide des relations par la voie diplomatique normale, comme convenu par les chefs d’État de nos gouvernements respectifs.

Fin du communiqué

RWANDA SA

La normalisation diplomatique entre le Rwanda et l’Afrique du Sud, qui semblait en bonne voie depuis l’accession de Cyril Ramaphosa à la présidence de la République, se complique. Le haut-commissaire sud-africain au Rwanda, George Twala, a été rappelé à Pretoria fin novembre pour consultations.

Lindiwe Sisulu, la responsable de la diplomatie sud-africaine, s’est insurgée contre les récents commentaires du secrétaire d’État rwandais au ministère des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe. « Nous ne sommes pas contents des propos du ministre sur les réseaux sociaux. Nous avons demandé à notre haut-commissaire au Rwanda d’en informer Kigali avant de le rappeler, et convoqué son homologue rwandais en Afrique du Sud pour des explications. Le processus de normalisation n’est pas suspendu mais, sur des dossiers aussi sensibles, ce genre de remarques n’aident pas », a conclu Ndivhuwo Mabaya.

Le cas Nyamwasa

À l’occasion d’une conférence de presse tenue le 12 novembre, Lindiwe Sisulu avait révélé avoir rencontré Kayumba Nyamwasa, ancien général rwandais en exil en Afrique du Sud et leader du Rwanda National Congress (RNC), un mouvement d’opposition en exil partisan d’un renversement du pouvoir par la force. La ministre s’était dite « agréablement surprise » de voir que lui-même était prêt à négocier avec le gouvernement rwandais.

En réaction, Olivier Nduhungirehe, le secrétaire d’État au ministère des Affaires étrangères, avait estimé sur Twitter que « si n’importe quel officiel sud-africain souhaite négocier avec un criminel condamné se cachant en Afrique du Sud et menant un mouvement subversif opérant dans la région, il/elle est libre de le faire (…) mais il/elle ne devrait jamais songer à impliquer le Rwanda dans ces “négociations” », avait-il ajouté. Le cas de Kayumba Nyamwasa continue de perturber le rapprochement entre les deux pays. Selon une source diplomatique sud-africaine(à jeune afrique ), Pretoria avait un temps évoqué l’hypothèse du transfert de Nyamwasa dans un autre pays pour faciliter la détente avec le Rwanda, ce qui n’ a jamais abouti.

Tout avait pourtant bien commencé. Le 20 mars, à peine un mois après son arrivée au pouvoir, Cyril Ramaphosa participait à son premier sommet de l’Union africaine à Kigali pour la signature de la zone de libre-échange continentale. En marge des débats, ce premier rendez-vous diplomatique avec les dirigeants du continent s’était soldé par l’ouverture d’une nouvelle page dans les relations entre l’Afrique du Sud et le Rwanda. Paul Kagame, président de l’Union africaine, avait alors quitté « son » sommet pour accueillir son homologue sud-africain à l’aéroport, avant de s’entretenir avec lui. Un tête-à-tête productif, puisque Ramaphosa avait estimé que la question des visas entre les deux pays, suspendus depuis quatre ans, pouvait être considérée comme « réglée ». Neuf mois plus tard, le dossier n’a pas encore trouvé d’issue.

Le rapprochement se poursuit

Les relations entre l’Afrique du Sud et le Rwanda ont souffert depuis 2014. Outre le cas de l’ancien cadre des renseignements rwandais et les difficiles relations avec l’administration Zuma, d’autres contentieux sont régulièrement venus polluer des relations déjà tendues depuis l’assassinat, le 31 décembre 2013, dans un hôtel de Johannesburg, de Patrick Karegeya, ancien directeur des services de renseignements extérieurs rwandais – exilé depuis 2006. L’expulsion de trois diplomates rwandais, suivie de celle de six diplomates sud-africains, avait achevé d’empoisonner les relations entre les deux pays. Une enquête doit s’ouvrir en Afrique du Sud le 16 janvier pour tenter d’élucider l’assassinat de Patrick Karegeya. Quatre ans après, force est de constater que le chemin de la détente reste encore long.

Malgré le rappel du haut-commissaire sud-africain, dont la date de retour n’a pas encore été fixée, Pretoria se veut rassurant sur la suite des négociations. « Le processus de normalisation se poursuit. Lindiwe Sisulu a commencé les consultations avec toutes les parties concernées au gouvernement pour s’assurer que nous parvenions rapidement à des solutions », a assuré à Jeune Afrique Ndivhuwo Mabaya, le porte-parole de la ministre sud-africaine.

 

Izindi wakunda

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