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Rwanda: des membres d’une ONG brièvement arrêtés

 

 

La police rwandaise a interrompu mardi une réunion de la Ligue des droits de la personne dans la région des Grands Lacs (LDGL), une organisation régionale de défense des droits de l’homme basée à Kigali. Huit de ses membres ont été interrogés pendant plusieurs heures par la police avant d’être relâchés en fin de journée. La police dément toute arrestation et assure être intervenue pour mettre fin à une « bagarre » entre deux factions de l’ONG.

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Gakire Anastase , le soi-disant semeur des troubles au sein de la LDGL

Depuis plusieurs mois, le comité directeur de la Ligue des droits de la personne dans la région des Grands Lacs (LDGL) était en conflit avec son président. Afin de résoudre la crise, les membres de l’organisation en ont élu un nouveau les 2 et 3 octobre à Goma lors d’une assemblée générale.

Mais ce mardi matin à Kigali, alors que l’organisation tenait une réunion, un ancien membre, Anastase Gakire, fidèle au président déchu, tente de se joindre au groupe. Il se voit cependant refuser l’accès à la salle. Selon un responsable de la LDGL, Anastase Gakire a quitté les lieux dans le calme. Ce dernier assure, au contraire, avoir été mis dehors par la force et avoir donc appelé la police.

Une des seules organisations des droits de l’hommedans le pays

Peu de temps après son départ la police interrompt la réunion et arrête huit membres de l’organisation. Après plusieurs heures d’interrogatoire, les membres sont finalement relâchés sans poursuites. Contacté par RFI, le porte-parole de la police a assuré que les membres n’avaient pas été arrêtés, mais « conduits au commissariat » afin d’expliquer leur conflit. Il a assuré que la police n’avait fait qu’intervenir pour mettre fin à une « bagarre » qui aurait pu dégénérer et troubler l’ordre public.

La LDGL est l’une des dernières organisations des droits de l’homme indépendantes à opérer au Rwanda. Contactée par RFI, la FIDH a dénoncé une nouvelle tentative de prise de contrôle par les autorités d’une organisation, cette fois régionale, de défense des droits de l’homme. Elle dénonce un scénario à la Liprodhor, une autre organisation de défense des droits de l’homme, qui avait connu les mêmes déboires.

RFI

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