kwamama 6

Rwanda Génocide : La demande de pardon des évêques reste incomplète, Abbé Jean Ndorimana

0

L’ancien prêtre rwandais, Jean Ndorimana donne son point de vue sur la situation de l’Église catholique rwandaise, dont il remarque que la vie est toujours largement liée à ses errements durant le génocide et à son implication dans la genèse de l’idéologie raciste qui a conduit au génocide de 1994.

Et cela, malgré la visite de Paul Kagame au Vatican,  le Pape François qui a souligné les manquements de l’épiscopat rwandais, la demande de pardon des évêques rwandais de 2016 reste incomplète.

Parlant à Jeune Afrique, ce titulaire d’un doctorat en droit canon dit que pour les catholiques rwandais, la visite de Paul Kagame au Vatican avait quelque chose de providentielle. Les Rwandais attendent maintenant que l’épiscopat rwandais suive l’exemple du Pape, sinon la confession semble incomplète.

[xyz-ihs snippet=”google-pub”]

Pour Jean Ndorimana, certains Rwandais ont été convaincus et satisfaits par la demande de pardon des évêques, mais pour beaucoup de catholiques, la demande de pardon des évêques de 2016, qui a attendu 22 ans,  reste incomplète. Et surtout que la hiérarchie catholique ne fait jamais allusion aux divisions instillées entre Rwandais par les pasteurs, notamment étrangers, depuis le début du XXème siècle.

Certains évêques rwandais croient en « double génocide »

Les Rwandais attendent un discours sur le fait que certains évêques rwandais ont signé en 1998, un document reconnaissant la thèse du « double génocide ». Un discours à ce sujet serait le point de départ pour comprendre le génocide ! La demande de pardon des évêques est dénuée de toute allusion sur ce fait. Cela est d’autant plus embêtant qu’il faut rappeler que, dans la bataille autour de la mémoire du génocide, d’autres forces sont à l’œuvre au sein de l’église catholique.

Enfin, il est maintenant temps que les démarches pour que les membres du clergé impliqués dans le génocide ou le révisionnisme soient écartés des affaires religieuses viennent, non plus du Vatican, mais des autorités locales.

Le temps de la naïveté et du mutisme est révolu

Selon certains membres du clergé, le temps de la naïveté et du mutisme est révolu. Celui-ci ne devrait plus que bénir les décisions prises par ceux qui sont sur place. C’est d’ailleurs ce que voudrait le droit canon…

Aujourd’hui, plus d’une quinzaine de clercs rwandais condamnés pour génocide ou complicité dans le génocide sont ou ont été emprisonnés. Et aucune sanction canonique n’a été prise jusqu’ici. On sait même que des prêtres qui ont épuisé leur peine célèbrent dans des chapelles devant quelques dizaines de religieux, et leurs évêques prétendent qu’ils ne célèbrent pas en public. Ndorimana se demande toujours, « Combien de personnes sont-elles nécessaires pour que l’on puisse dire « en public » ?

Jean Ndorimana de 65 ans fut prêtre de 1980 à 2009, il est  titulaire d’un doctorat en droit canon est rentré en conflit avec une partie du clergé catholique rwandais après avoir écrit sur les errements de l’institution religieuse durant le génocide. En 2003, il a fondé l’Association des familles d’accueil des orphelins du génocide et d’autres enfants vulnérables. Il a publié plusieurs titres dont Rwanda – L’Église catholique dans le malaise, en 2001, en Italie ; le repentir a minima de la Conférence épiscopale rwandaise en décembre 2016 et la visite de Paul Kagame au Vatican en mars 2017, le pontife ayant alors demandé pardon pour l’Église à cette occasion.

Cliques ici pour recevoir le nouvau journal sur facebook sur twitter

Jean Baptiste Karegeya

 

kwamama4

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.