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Rwanda : L’urbanisation chasse les habitants de leurs terres

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Les résidents ruraux au Rwanda sont entre le marteau et l’enclume, comme les autorités locales les forcent à quitter leurs terres, faute de moyens de les exploiter et en payer les impôts.

La population urbaine doit passer de 17% à 35% d’ici 2020, les terres d’exploitation agricole changent en terres résidentielles. Cette urbanisation rapide du pays a un impact négatif sur les pauvres, incapables de se conformer aux normes de la ville : ils ne peuvent pas construire des maisons modernes, certains ne peuvent même pas se payer l’impôt foncier. L’unique opération est de vendre et déménager.

Certains résidents des districts de Gasabo et de Rwamagana révèlent à The East African/Rwanda Today, que les autorités locales les poussent à vendre leurs terres à des investisseurs riches, simplement parce qu’ils ne peuvent pas payer les taux demandés aux propriétés urbaines par les autorités de base.

Le développement est en partie le résultat d’une révision gouvernementale de l’utilisation des terres pour paver les voies dans le cadre des initiatives des villes modernes. Cela appelle à une augmentation des investissements dans les industries,  qui par conséquent laisse des populations moyennes dans des zones où leur activité économique succombe.

Les résidents restent entre le marteau et l’enclume, ils n’ont pas d’argent pour développer leurs terres conformément aux statuts urbains, mais aussi  la pression pour les vendre signifie qu’ils marient le premier venu, et  n’obtiennent pas le meilleur prix des riches qui s’installent.

Verene Kabahire du secteur Kigabiro dans le district de Rwamagana déclare a Rwanda Today, “Ils savent que nous n’avons pas des frais fonciers, non plus ne nous laissent pas vendre avant de liquider ces frais “.

C’est lorsque les agents fonciers venaient chez elle, pour lui défendre de pratiquer l’agriculture de subsistance, qui est son activité économique principale. Ils lui ont ainsi conseillé de vendre ses terres aux investisseurs et de déménager.

“Mais quand j’ai eu un client, le transfert n’était pas possible, sans que les arriérés d’impôts soient payes”, a-t-elle ajouté.

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Selon un décret présidentiel de 2012 sur les droits de bail fonciers dans une zone urbaine, des frais fonciers vont de 30 Frws (0,04 $) à 80 Frws (0,09 $) par mètre carré; tandis qu’ailleurs, c’est entre 10Frws (0,01 $) à 30 Frws (0,04 $) par mètre carré.

Emmanuel Sibomana, du district de Gasabo, dit que ses terres sont désignées pour l’agriculture, avait du mal à obtenir un permis de réhabiliter sa maison, sa demande avait été rejetée par les autorités.

À un moment donné, il a été décidé que les propriétaires de terres qui ne dépassent pas deux hectares dans les zones rurales et qui sont utilisés à des fins agricoles ne devraient pas payer d’impôts.

Il a également été convenu que les personnes ayant un terrain d’au plus deux hectares dans la ville et considérées comme des terres rurales ne devraient pas être taxées, à moins que le propriétaire ne souhaite modifier l’utilisation du terrain pour la production commerciale.

Les dirigeants accusent la population de l’ignorance fiscale. Selon Radjab Mbonyumuvunyi, le maire du district de Rwamagana, il y a eu des campagnes pour éduquer les propriétaires fonciers sur les activités autorisées, mais les résidents doivent encore comprendre les plans d’urbanisation du district.

Toutefois, le maire Radjab demande aux agents fonciers qui poussent les résidents à vendre leurs terres à des investisseurs riches, qu’il était de leur responsabilité d’assurer qu’ils obtiennent des prix équitables s’ils décident de vendre leurs terres.

L’autorité a également soutenu que les activités agricoles à court terme sont permises, ainsi que la réhabilitation des maisons; mais la construction des nouvelles maisons doit se conformer aux normes municipales.

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Jean Baptiste Karegeya

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